UN ÉTÉ À L’ATELIER, saison estivale 2026 dédiée à la pratique du collage

Tout l’été, nous vous invitons à venir à la rencontre Gaston, découvrir et en apprendre plus sur la pratique du collage, acheter une œuvre originale et/ou un multiple numéroté et signé par l’artiste.

Les collages de Gaston
Avec le collage, Gaston souhaite transmettre le plaisir du travail de la main. D’abord le plaisir méticuleux de la recherche à travers les magazines vintage, puis le plaisir de la découpe : le geste précis de l’incision délicate ou le déchirement. Le papier sous toutes ses formes, la surface gaufrée, embossée, son poids, son grain, oppose à la planéité des écrans qui ont le monopole aujourd’hui une dimension tactile irréductible. Le papier est aussi travaillé ici comme objet de transmission sensible. Apparemment fragile (il jaunit, se déchire, se froisse), il porte néanmoins en lui la trace des civilisations de l’écriture à travers les époques.
Gaston réalise ses collages à partir de découpes issues principalement de magazines des années 1950 à 1970, tournant où l’image imprimée est devenue un vecteur central de la promesse de la modernité. Il privilégie une composition rigoureuse, laissant une place importante aux formes géométriques et à la typographie qui structurent la composition en orientant la lecture de l’image. Ses œuvres fonctionnent comme des surfaces de tension où le langage visuel de la publicité est convoqué pour être désamorcé. Dans beaucoup de collages, on observe la présence récurrente d’athlètes et de pin-up qui nous plongent dans un imaginaire normatif du corps comme projet de performance ou objet de désir.
Plusieurs séries se déploient. Dans la série des visages, les figures humaines sont colonisées par des fragments découpés qui semblent envahir leur intériorité. C’est comme si l’identité n’avait pas de réalité propre, qu’elle n’était qu’un contenant rempli de messages et de slogans.
Dans la série Design, la confrontation des images permet un rendu tout aussi décalé, en résonance avec des formes géométriques inspirées du Bauhaus. Des messieurs en costume et de dos, une gymnaste de dos, un homme assis qui ne semble n’avoir pas trouvé la bonne échelle par rapport à son fauteuil. En miroir, au premier plan, sont placés des objets iconiques : la chaise de Verner Panton, la chaise de Jean Prouvé, le fauteuil Egg d’Arne Jacobsen. Ces emblèmes du design moderne portent avec eux tout le poids de leur propre légende, le confort mais surtout le style, la forme juste. Mais le collage les déplace : il introduit un écart entre ce que ces objets sont supposés signifier et ce qu’ils font là.

Série « Design » – Frank Gehry et Annie Leibovitz- Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026, œuvre vendue


Sur des fonds monochromes, des animaux et des gymnastes (en noir et blanc) de retrouvent côte à côte, les légendes indiquant que les gymnastes s’exercent à des postures de yoga. Ces postures aux noms loufoques (et pourtant bien réels : « la posture du roi des pigeons » etc.), juxtaposées aux images, révèlent toute leur joyeuse absurdité.

Série « Yoga » – Gaston
Collage papiers sur papier, 29,7x21cm, 2025


La série réinterprétant les grandes icônes de l’histoire de l’art s’inscrit là aussi dans la problématique de la copie et de la réinvention (quelle place pour l’invention à partir d’images préexistantes ?) Face au David de Michel-Ange, un gymnaste campe sa propre perfection musculaire. Le Narcisse du Caravage contemple un nageur athlétique. La Vénus de Botticelli surgit sur une moule découpée, déplacée, affublée d’un écriteau « Manifeste pour la moule ». Ces images, issues d’un imaginaire collectif partagé, sont mises en miroir pour interroger la citation comme moteur même de la création artistique.

Série « histoire de l’art » – Fontana – Gaston
Collage papiers sur papier, 29,7x21cm, 2026


D’autres collages, que l’on pourrait rapprocher d’une esthétique de la pensée positive, affichent des injonctions explicites : « vacances », « oubliez tout », « souriez », « happy days », « power of love ». Le langage de la détente et du bien-être devient ici un refrain, un slogan vidé de sa promesse. Les messages de positivité traversent l’ensemble de l’œuvre (« Souriez », « et maintenant à vous de jouer »…). Cette positivité porte la trace d’injonctions sociales pressurisantes que Gaston détourne par une ironie subtile. On pourrait dire que ses collages révèlent ce que la sociologue Eva Illouz appelle la dictature du bonheur : les émotions deviennent des marchandises comme les autres et le bonheur, un impératif moral. En arrière-plan se dessine la figure contemporaine de l’individu entrepreneur de lui-même, sommé de se penser comme un projet à optimiser dans une société marchande ultralibérale. En rejouant les codes visuels de cette promesse, Gaston en révèle la mécanique tout en laissant affleurer une forme de résistance silencieuse sous la surface lisse des images. Texte de Kcenia Naoumenko

Série « Architecture » – Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026

Avec ses créations complètement superflues donc absolument indispensables, Gaston traduit l’absurdité qui règne dans notre société pour remplacer, aisément et sans effet secondaire, la prise quotidienne d’antidépresseurs ! Tout l’été, venez à la rencontre Gaston, découvrir et en apprendre plus sur la pratique du collage, acheter une œuvre originale et/ou un multiple numéroté et signé par l’artiste.

Une brève histoire du collage
Selon Max Ernst, « si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage ». En effet le collage consiste à décomposer puis juxtaposer/associer des images existantes pour en recomposer une nouvelle afin de produire un déplacement de sens.
Il ne s’agit pas d’un simple assemblage mais d’une opération de transformation. En cela, le collage est un art du montage : il fait surgir une signification nouvelle à partir de fragments prélevés dans des répertoires visuels diversifiés. Au sein du mouvement surréaliste, Max Ernst compose ainsi des images à partir de revues et de gazettes de la première moitié du XXe siècle, donnant naissance à des scènes étranges (des hommes à tête d’oiseau dans de riches intérieurs dans « Une semaine de bonté », roman-collage publié en 1934). Le collage devient alors un outil de dérèglement du regard, un moyen d’ouvrir des brèches dans le réel. Cette logique se retrouve dans des œuvres devenues iconiques, comme le ready-made « Indestructible objet » du photographe Man Ray (portant l’inscription « Objet à détruire ») : une découpe de photographie d’œil est collée sur l’aiguille d’un métronome. La conjonction de ces deux éléments fait advenir une troisième réalité à la manière d’une métaphore visuelle. Le collage est également à l’œuvre dans le cubisme avec des fragments de journaux qui introduisent le quotidien au coeur de la composition (Pablo Picasso, Juan Gris).
À partir des années 1950, la publicité de masse et les images issues du marketing connaissent une croissance exponentielle. S’appuyant sur les travaux de Bernays, de Lippmann ou de Lasswell, les publicitaires façonnent l’imaginaire collectif, produisant non seulement des désirs d’achat et une aspiration à l’American way of life. Ces images, produites en série, deviennent un matériau de prédilection pour les artistes, qui les détournent dans une perspective parfois contestataire mais parfois complaisante. Dans la lignée de la reproductibilité technique pensée par Walter Benjamin assumée pleinement par le Pop Art, Richard Hamilton revendique un art « populaire, destiné aux masses, éphémère, à court terme, consommable, facilement oubliable, produit en série, peu coûteux, jeune, spirituel et sexy ». Ses personnages épanouis dans des intérieurs modernes, images de l’American way of life, contiennent malgré tout un décalage qui produit une dose d’ironie. Dans cette même logique, James Rosenquist, ancien peintre de panneaux publicitaires, peint ses œuvres en copiant des collages qu’il réalise avec des images découpées dans le magazine Life. En associant pouvoir politique, consommation et désir domestique (comme dans son triptyque « President Elect »), Rosenquist révèle la logique publicitaire qui structure l’imaginaire américain. Le collage devient un outil parodique voire satirique, mettant à nu la continuité entre propagande politique et publicité commerciale.
Dans l’art actuel, on observe un regain d’intérêt pour le collage. Il apparaît comme une nouvelle voie, un mode d’expression privilégié pour interroger ce qui est montré, dans les images publicitaires ou les magazines, est présenté comme allant de soi. En fragmentant, en découpant, en recomposant, les artistes révèlent les structures invisibles de notre paysage visuel contemporain afin de redonner au regard sa capacité critique. Texte de Kcenia Naoumenko

Série « Les fleurs » – Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026

UN ÉTÉ À L’ATELIER
Exposition Évènement – Les collages de Gaston
DU 24 JUIN AU 26 SEPTEMBRE 2026
N5G, 5 rue Sainte-Anne, 34000 Montpellier
Du mercredi au samedi, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

COMMENT SOIGNER LA MOROSITÉ AMBIANTE !

Pour démarrer l’année 2026, et après 11 ans d’existence dans le paysage montpellierain, la N5G se renouvelle et invite l’artiste collagiste Gaston à installer son atelier au sein même de la galerie pour une résidence qui se poursuivra sur toute l’année 2026. Gaston proposera diverses expositions montrant son travail et/ou invitant à son tour d’autres artistes afin de vous faire découvrir de nouveaux univers avec une sélection artistique toujours exigeante et variée. Voici la première exposition monographique de Gaston, qui vous présentera, en personne, sa pratique et ses œuvres.

Gaston est un artiste qui réalise des collages dans lesquels des personnages, des visages, des objets habitants du passé (en particulier des années 50/70) retrouvent vie dans des compositions originales contemporaines, souriantes et décalées. Il recherche, compile, observe, imagine et découpe, froisse, déchire, … pour enfin combiner des fragments papier de toutes sortes, détourner, recomposer, réinventer et faire se télescoper les codes, les références et les temporalités. Le collage est un moyen d’expression qui fut utilisé par les mouvements cubiste, dadaïste et surréaliste, entre autres. Aujourd’hui encore, il s’impose comme une pratique artistique à part entière se libérant d’une description ressemblante de la réalité. Le collage crée de nouvelles formes et nous propose de nouvelles configurations visuelles et mentales. Gaston utilise la géométrie, la couleur, la typographie, les mots comme autant d’exclamations modernes qui replacent les sujets dans un temps suspendu. Comme un espace d’expérimentations, le collage lui permet une mise en scène à la fois ironique et sensible où s’immiscent coups de gueule et visions d’un monde contemporain souvent trop malmené. Gaston joue avec les mots, manie le scalpel avec dextérité pour confectionner des collages originaux, poétiques, farfelus et aux messages engagés. Avec ses créations complètement superflues donc absolument indispensables, Gaston traduit l’absurdité qui règne dans notre société pour remplacer, aisément et sans effet secondaire, la prise quotidienne d’antidépresseurs !

[ COMMENT SOIGNER LA MOROSITÉ AMBIANTE ! ]
une exposition de Gaston du 7 février au 4 avril 2026

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

HORS LES MURS [SO MANY (of us)]

Gaston est heureux et fier de vous présenter quelques collages originaux lors de cet évènement parisien. L’exposition collective est organisée par Corine Borgnet avec le soutien de l’association SoBD et Renaud Chavanne.

« Ce n’est pas un commissariat. Il n’y a ici aucun jugement, aucune hiérarchie, aucune sélection sur « l’essence » des œuvres. C’est le jeu. Les artistes auront la responsabilité de défendre leur propre travail, et de vous convaincre. Nous serons nombreux — près de 80 artistes. Outre les réguliers et les anciens, il y aura le fruit de rencontres fortuites faites tout au long de 2025, et des amis d’amis. Plus qu’une exposition, cette dernière édition qui conclura cette belle aventure dans sa forme actuelle, est avant tout une fête à laquelle nous vous convions joyeusement. » Corine Borgnet

Artistes présentés : Juli About · Mariano Angelotti Notarbartolo · Inara Bagirova · Marjolaine Balseva Ciavaldini · Rodolphe Baudouin · Pauline Bazignan · Tamina Beausoleil · Nils Bertho · Ghyslain Bertholon · Jana Blum Zimova . Corine Borgnet · Cyrille Borgnet Dupont · Jerome Bouchez · Katia Bourdarel · Marie Breger · Philippe Calandre · Olivier Calvel · Jean-Luc Caradec Photographe · Thierry Carrier Paintings · Sylvain Ciavaldini · Jérôme Combe · Bryan Crockett · Julie Delarme · Gael Depauw · Yann Derlin · Jessy Deshais · Roméo Dini · Léo Dorfner · Karine Dupont · Marie Féménias · Perrine Gaspard · Gaston · Simon Girard · Olivier Gonties · Julien Graizely · Marie Havel · Marguerite Hollemaert · Lanee Hood Hazelgrove . Margaux Horel · Joel Hubaut · Tata Jacqueline · Aurélie Lafourcade · Magali Lambert · Hélène Langlois · Dominique de Lara · Sébastien Layral D’Alessandro · Angélique Lefevre · Julie Legrand · Mathieu Legrand-Losfeld · Loup Lejeune · Anaïs Lelièvre · Eliza Magri · Pascal Marquilly · Tina Merandon · Sergio Morabito · Raphael Morere · Muzo · Barbara Navi · Daniel Nicolaevsky · Florence Obrecht · Axel Pahlavi · Muriel Patarroni · Jean-Baptiste Perrot · Clement Philippe · Nicolas Tourte · Emma Picard · Sandra Richard · Pauline Riveaux · Sophie Roux- Pagès · Michael San

Galerie Cécila F. et Espace Maxime D.
𝟰 et 6 𝗿𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗚𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝗺𝗶𝘁𝗲𝘀
𝟳𝟱𝟬𝟬𝟰 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

L’ÉDITION DES 11 ANS

Exposition collective HAPPY DAYS, à la N5G, collage, dessin, peinture, à Montpellier - art contemporain

Déjà 11 ans que la N5 Galerie explore l’art contemporain pour faire découvrir sur ses cimaises montpelliéraines les œuvres d’artistes émergents et/ou confirmés. Par des expositions et des rencontres la galerie initie et sensibilise un large public d’amateurs et de collectionneurs d’art.

Forte du succès des précédentes éditions, cette nouvelle exposition amorce la période des fêtes de fin d’année et, une fois de plus, se veut ouverte sur tous les médiums (peinture, dessin, volume, collage, …) sans aucune hiérarchisation et avec une sélection artistique toujours exigeante et diverse. Avec un accrochage ample et précieux, dans une ambiance toujours chaleureuse et élégante, cette exposition réunit les œuvres d’artistes que nous soutenons et défendons avec fierté et passion. Nous vous proposons, au regard et à la vente, un choix pointu d’œuvres, de nouvelles créations, de pièces uniques signées de petits et grands formats et également de multiples en édition limitée, numérotée et signée. Autant d’idées cadeaux originales à offrir et à s’offrir pour fêter cette année qui s’achève.

La multiplicité des univers présentés nous offre décidément de bien voluptueuses émotions et saura conquérir le visiteur curieux, l’amateur avisé et le collectionneur d’art. Au plaisir de vous y accueillir et de vous faire découvrir cette dernière exposition de l’année 2025, avant qu’une nouvelle saison, riche et éclectique, éclose à nouveau !

Exposition collective [ HAPPY DAYS ] l’édition des 11 ans
du 22 novembre au 27 décembre 202
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Guiome David / Joëlle Bondil / Gaston / Hélène Hampartzoumian / Michèle Mascherpa / Hela Stüber-Nicolas / Vincent Puren / Pierre Touron et invités…

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.