UN ÉTÉ À L’ATELIER, saison estivale 2026 dédiée à la pratique du collage

Tout l’été, nous vous invitons à venir à la rencontre Gaston, découvrir et en apprendre plus sur la pratique du collage, acheter une œuvre originale et/ou un multiple numéroté et signé par l’artiste.

Les collages de Gaston
Avec le collage, Gaston souhaite transmettre le plaisir du travail de la main. D’abord le plaisir méticuleux de la recherche à travers les magazines vintage, puis le plaisir de la découpe : le geste précis de l’incision délicate ou le déchirement. Le papier sous toutes ses formes, la surface gaufrée, embossée, son poids, son grain, oppose à la planéité des écrans qui ont le monopole aujourd’hui une dimension tactile irréductible. Le papier est aussi travaillé ici comme objet de transmission sensible. Apparemment fragile (il jaunit, se déchire, se froisse), il porte néanmoins en lui la trace des civilisations de l’écriture à travers les époques.
Gaston réalise ses collages à partir de découpes issues principalement de magazines des années 1950 à 1970, tournant où l’image imprimée est devenue un vecteur central de la promesse de la modernité. Il privilégie une composition rigoureuse, laissant une place importante aux formes géométriques et à la typographie qui structurent la composition en orientant la lecture de l’image. Ses œuvres fonctionnent comme des surfaces de tension où le langage visuel de la publicité est convoqué pour être désamorcé. Dans beaucoup de collages, on observe la présence récurrente d’athlètes et de pin-up qui nous plongent dans un imaginaire normatif du corps comme projet de performance ou objet de désir.
Plusieurs séries se déploient. Dans la série des visages, les figures humaines sont colonisées par des fragments découpés qui semblent envahir leur intériorité. C’est comme si l’identité n’avait pas de réalité propre, qu’elle n’était qu’un contenant rempli de messages et de slogans.
Dans la série Design, la confrontation des images permet un rendu tout aussi décalé, en résonance avec des formes géométriques inspirées du Bauhaus. Des messieurs en costume et de dos, une gymnaste de dos, un homme assis qui ne semble n’avoir pas trouvé la bonne échelle par rapport à son fauteuil. En miroir, au premier plan, sont placés des objets iconiques : la chaise de Verner Panton, la chaise de Jean Prouvé, le fauteuil Egg d’Arne Jacobsen. Ces emblèmes du design moderne portent avec eux tout le poids de leur propre légende, le confort mais surtout le style, la forme juste. Mais le collage les déplace : il introduit un écart entre ce que ces objets sont supposés signifier et ce qu’ils font là.

Série « Design » – Frank Gehry et Annie Leibovitz- Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026, œuvre vendue


Sur des fonds monochromes, des animaux et des gymnastes (en noir et blanc) de retrouvent côte à côte, les légendes indiquant que les gymnastes s’exercent à des postures de yoga. Ces postures aux noms loufoques (et pourtant bien réels : « la posture du roi des pigeons » etc.), juxtaposées aux images, révèlent toute leur joyeuse absurdité.

Série « Yoga » – Gaston
Collage papiers sur papier, 29,7x21cm, 2025


La série réinterprétant les grandes icônes de l’histoire de l’art s’inscrit là aussi dans la problématique de la copie et de la réinvention (quelle place pour l’invention à partir d’images préexistantes ?) Face au David de Michel-Ange, un gymnaste campe sa propre perfection musculaire. Le Narcisse du Caravage contemple un nageur athlétique. La Vénus de Botticelli surgit sur une moule découpée, déplacée, affublée d’un écriteau « Manifeste pour la moule ». Ces images, issues d’un imaginaire collectif partagé, sont mises en miroir pour interroger la citation comme moteur même de la création artistique.

Série « histoire de l’art » – Fontana – Gaston
Collage papiers sur papier, 29,7x21cm, 2026


D’autres collages, que l’on pourrait rapprocher d’une esthétique de la pensée positive, affichent des injonctions explicites : « vacances », « oubliez tout », « souriez », « happy days », « power of love ». Le langage de la détente et du bien-être devient ici un refrain, un slogan vidé de sa promesse. Les messages de positivité traversent l’ensemble de l’œuvre (« Souriez », « et maintenant à vous de jouer »…). Cette positivité porte la trace d’injonctions sociales pressurisantes que Gaston détourne par une ironie subtile. On pourrait dire que ses collages révèlent ce que la sociologue Eva Illouz appelle la dictature du bonheur : les émotions deviennent des marchandises comme les autres et le bonheur, un impératif moral. En arrière-plan se dessine la figure contemporaine de l’individu entrepreneur de lui-même, sommé de se penser comme un projet à optimiser dans une société marchande ultralibérale. En rejouant les codes visuels de cette promesse, Gaston en révèle la mécanique tout en laissant affleurer une forme de résistance silencieuse sous la surface lisse des images. Texte de Kcenia Naoumenko

Série « Architecture » – Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026

Avec ses créations complètement superflues donc absolument indispensables, Gaston traduit l’absurdité qui règne dans notre société pour remplacer, aisément et sans effet secondaire, la prise quotidienne d’antidépresseurs ! Tout l’été, venez à la rencontre Gaston, découvrir et en apprendre plus sur la pratique du collage, acheter une œuvre originale et/ou un multiple numéroté et signé par l’artiste.

Une brève histoire du collage
Selon Max Ernst, « si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage ». En effet le collage consiste à décomposer puis juxtaposer/associer des images existantes pour en recomposer une nouvelle afin de produire un déplacement de sens.
Il ne s’agit pas d’un simple assemblage mais d’une opération de transformation. En cela, le collage est un art du montage : il fait surgir une signification nouvelle à partir de fragments prélevés dans des répertoires visuels diversifiés. Au sein du mouvement surréaliste, Max Ernst compose ainsi des images à partir de revues et de gazettes de la première moitié du XXe siècle, donnant naissance à des scènes étranges (des hommes à tête d’oiseau dans de riches intérieurs dans « Une semaine de bonté », roman-collage publié en 1934). Le collage devient alors un outil de dérèglement du regard, un moyen d’ouvrir des brèches dans le réel. Cette logique se retrouve dans des œuvres devenues iconiques, comme le ready-made « Indestructible objet » du photographe Man Ray (portant l’inscription « Objet à détruire ») : une découpe de photographie d’œil est collée sur l’aiguille d’un métronome. La conjonction de ces deux éléments fait advenir une troisième réalité à la manière d’une métaphore visuelle. Le collage est également à l’œuvre dans le cubisme avec des fragments de journaux qui introduisent le quotidien au coeur de la composition (Pablo Picasso, Juan Gris).
À partir des années 1950, la publicité de masse et les images issues du marketing connaissent une croissance exponentielle. S’appuyant sur les travaux de Bernays, de Lippmann ou de Lasswell, les publicitaires façonnent l’imaginaire collectif, produisant non seulement des désirs d’achat et une aspiration à l’American way of life. Ces images, produites en série, deviennent un matériau de prédilection pour les artistes, qui les détournent dans une perspective parfois contestataire mais parfois complaisante. Dans la lignée de la reproductibilité technique pensée par Walter Benjamin assumée pleinement par le Pop Art, Richard Hamilton revendique un art « populaire, destiné aux masses, éphémère, à court terme, consommable, facilement oubliable, produit en série, peu coûteux, jeune, spirituel et sexy ». Ses personnages épanouis dans des intérieurs modernes, images de l’American way of life, contiennent malgré tout un décalage qui produit une dose d’ironie. Dans cette même logique, James Rosenquist, ancien peintre de panneaux publicitaires, peint ses œuvres en copiant des collages qu’il réalise avec des images découpées dans le magazine Life. En associant pouvoir politique, consommation et désir domestique (comme dans son triptyque « President Elect »), Rosenquist révèle la logique publicitaire qui structure l’imaginaire américain. Le collage devient un outil parodique voire satirique, mettant à nu la continuité entre propagande politique et publicité commerciale.
Dans l’art actuel, on observe un regain d’intérêt pour le collage. Il apparaît comme une nouvelle voie, un mode d’expression privilégié pour interroger ce qui est montré, dans les images publicitaires ou les magazines, est présenté comme allant de soi. En fragmentant, en découpant, en recomposant, les artistes révèlent les structures invisibles de notre paysage visuel contemporain afin de redonner au regard sa capacité critique. Texte de Kcenia Naoumenko

Série « Les fleurs » – Gaston
Collage papiers sur papier, 40x30cm, 2026

UN ÉTÉ À L’ATELIER
Exposition Évènement – Les collages de Gaston
DU 24 JUIN AU 26 SEPTEMBRE 2026
N5G, 5 rue Sainte-Anne, 34000 Montpellier
Du mercredi au samedi, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

PEINTURES ET DESSINS RÉCENTS

Après la participation à de nombreuses expositions collectives présentées à la N5G depuis 2021, il était temps de vous proposer un solo show de l’artiste Vincent Puren, afin de poser notre regard sur sa pratique et ses œuvres et réveiller notre inconscient émotionnel.

Vincent Puren explore la profondeur de l’intimité humaine, dans une quête de moments suspendus où le temps semble s’étirer. À travers un regard contemplatif, il cherche à capter la fragilité de nos existences et par extension de celle du monde qui nous entoure. Ses œuvres dévoilent des atmosphères intrigantes et poétiques. Pour amplifier cette dimension intime, des cadrages parfois serrés laissent souvent les visages hors champ ou partiellement dissimulés, tandis que la peau, frontière entre l’être et le monde, occupe une place centrale. Ses personnages, dans leur simplicité naturelle et leur sensualité discrète, se révèlent dans des instants de proximité fragile. Son langage visuel, entre mystère et poésie, propose au regardeur une immersion dans un espace intime, une invitation à contempler le silence et l’éphémère.

Plusieurs séries de dessins et peintures sont regroupées pour cette exposition, marquant l’intérêt de l’artiste sur l’exploration de l’intimité humaine à travers la peau, le portrait et la sensualité, sujets omniprésents dans l’histoire de l’art. La couleur délayée, superposée puis absorbée par le support, joue avec la transparence. Les différentes tonalités utilisées alternent douceur et force parfois jusqu’à saturation, marquant alors un univers onirique, voire fantasmé, composé de multiples plans et qui semblent parfois suspendu entre rêve et réalité.

Vous découvrirez, en autre, sa dernière série intitulée Yeehaw! qui s’inspire de la figure du cowboy hollywoodien, questionnant l’icône du héros masculin et son identité fragmentée. L’artiste détourne les archétypes d’une certaine virilité, souhaitant proposer une vision plus poétique, plus silencieuse et plus intime d’un mythe populaire.

Vincent Puren vit et travaille à Clichy (92).
Artiste plasticien multidisciplinaire, avec une formation d’arts graphiques (École de l’image des Gobelins – Paris 75).

Peintures et dessins récents
Exposition de Vincent Puren

du 9 avril au 9 mai 2026
Vernissage le jeudi 9 avril de 17h à 20H

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COMMENT SOIGNER LA MOROSITÉ AMBIANTE !

Pour démarrer l’année 2026, et après 11 ans d’existence dans le paysage montpellierain, la N5G se renouvelle et invite l’artiste collagiste Gaston à installer son atelier au sein même de la galerie pour une résidence qui se poursuivra sur toute l’année 2026. Gaston proposera diverses expositions montrant son travail et/ou invitant à son tour d’autres artistes afin de vous faire découvrir de nouveaux univers avec une sélection artistique toujours exigeante et variée. Voici la première exposition monographique de Gaston, qui vous présentera, en personne, sa pratique et ses œuvres.

Gaston est un artiste qui réalise des collages dans lesquels des personnages, des visages, des objets habitants du passé (en particulier des années 50/70) retrouvent vie dans des compositions originales contemporaines, souriantes et décalées. Il recherche, compile, observe, imagine et découpe, froisse, déchire, … pour enfin combiner des fragments papier de toutes sortes, détourner, recomposer, réinventer et faire se télescoper les codes, les références et les temporalités. Le collage est un moyen d’expression qui fut utilisé par les mouvements cubiste, dadaïste et surréaliste, entre autres. Aujourd’hui encore, il s’impose comme une pratique artistique à part entière se libérant d’une description ressemblante de la réalité. Le collage crée de nouvelles formes et nous propose de nouvelles configurations visuelles et mentales. Gaston utilise la géométrie, la couleur, la typographie, les mots comme autant d’exclamations modernes qui replacent les sujets dans un temps suspendu. Comme un espace d’expérimentations, le collage lui permet une mise en scène à la fois ironique et sensible où s’immiscent coups de gueule et visions d’un monde contemporain souvent trop malmené. Gaston joue avec les mots, manie le scalpel avec dextérité pour confectionner des collages originaux, poétiques, farfelus et aux messages engagés. Avec ses créations complètement superflues donc absolument indispensables, Gaston traduit l’absurdité qui règne dans notre société pour remplacer, aisément et sans effet secondaire, la prise quotidienne d’antidépresseurs !

[ COMMENT SOIGNER LA MOROSITÉ AMBIANTE ! ]
une exposition de Gaston du 7 février au 4 avril 2026

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HORS LES MURS [SO MANY (of us)]

Gaston est heureux et fier de vous présenter quelques collages originaux lors de cet évènement parisien. L’exposition collective est organisée par Corine Borgnet avec le soutien de l’association SoBD et Renaud Chavanne.

« Ce n’est pas un commissariat. Il n’y a ici aucun jugement, aucune hiérarchie, aucune sélection sur « l’essence » des œuvres. C’est le jeu. Les artistes auront la responsabilité de défendre leur propre travail, et de vous convaincre. Nous serons nombreux — près de 80 artistes. Outre les réguliers et les anciens, il y aura le fruit de rencontres fortuites faites tout au long de 2025, et des amis d’amis. Plus qu’une exposition, cette dernière édition qui conclura cette belle aventure dans sa forme actuelle, est avant tout une fête à laquelle nous vous convions joyeusement. » Corine Borgnet

Artistes présentés : Juli About · Mariano Angelotti Notarbartolo · Inara Bagirova · Marjolaine Balseva Ciavaldini · Rodolphe Baudouin · Pauline Bazignan · Tamina Beausoleil · Nils Bertho · Ghyslain Bertholon · Jana Blum Zimova . Corine Borgnet · Cyrille Borgnet Dupont · Jerome Bouchez · Katia Bourdarel · Marie Breger · Philippe Calandre · Olivier Calvel · Jean-Luc Caradec Photographe · Thierry Carrier Paintings · Sylvain Ciavaldini · Jérôme Combe · Bryan Crockett · Julie Delarme · Gael Depauw · Yann Derlin · Jessy Deshais · Roméo Dini · Léo Dorfner · Karine Dupont · Marie Féménias · Perrine Gaspard · Gaston · Simon Girard · Olivier Gonties · Julien Graizely · Marie Havel · Marguerite Hollemaert · Lanee Hood Hazelgrove . Margaux Horel · Joel Hubaut · Tata Jacqueline · Aurélie Lafourcade · Magali Lambert · Hélène Langlois · Dominique de Lara · Sébastien Layral D’Alessandro · Angélique Lefevre · Julie Legrand · Mathieu Legrand-Losfeld · Loup Lejeune · Anaïs Lelièvre · Eliza Magri · Pascal Marquilly · Tina Merandon · Sergio Morabito · Raphael Morere · Muzo · Barbara Navi · Daniel Nicolaevsky · Florence Obrecht · Axel Pahlavi · Muriel Patarroni · Jean-Baptiste Perrot · Clement Philippe · Nicolas Tourte · Emma Picard · Sandra Richard · Pauline Riveaux · Sophie Roux- Pagès · Michael San

Galerie Cécila F. et Espace Maxime D.
𝟰 et 6 𝗿𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗚𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝗺𝗶𝘁𝗲𝘀
𝟳𝟱𝟬𝟬𝟰 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀

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L’ÉDITION DES 11 ANS

Exposition collective HAPPY DAYS, à la N5G, collage, dessin, peinture, à Montpellier - art contemporain

Déjà 11 ans que la N5 Galerie explore l’art contemporain pour faire découvrir sur ses cimaises montpelliéraines les œuvres d’artistes émergents et/ou confirmés. Par des expositions et des rencontres la galerie initie et sensibilise un large public d’amateurs et de collectionneurs d’art.

Forte du succès des précédentes éditions, cette nouvelle exposition amorce la période des fêtes de fin d’année et, une fois de plus, se veut ouverte sur tous les médiums (peinture, dessin, volume, collage, …) sans aucune hiérarchisation et avec une sélection artistique toujours exigeante et diverse. Avec un accrochage ample et précieux, dans une ambiance toujours chaleureuse et élégante, cette exposition réunit les œuvres d’artistes que nous soutenons et défendons avec fierté et passion. Nous vous proposons, au regard et à la vente, un choix pointu d’œuvres, de nouvelles créations, de pièces uniques signées de petits et grands formats et également de multiples en édition limitée, numérotée et signée. Autant d’idées cadeaux originales à offrir et à s’offrir pour fêter cette année qui s’achève.

La multiplicité des univers présentés nous offre décidément de bien voluptueuses émotions et saura conquérir le visiteur curieux, l’amateur avisé et le collectionneur d’art. Au plaisir de vous y accueillir et de vous faire découvrir cette dernière exposition de l’année 2025, avant qu’une nouvelle saison, riche et éclectique, éclose à nouveau !

Exposition collective [ HAPPY DAYS ] l’édition des 11 ans
du 22 novembre au 27 décembre 202
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Guiome David / Joëlle Bondil / Gaston / Hélène Hampartzoumian / Michèle Mascherpa / Hela Stüber-Nicolas / Vincent Puren / Pierre Touron et invités…

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COLORS

La couleur est bien plus qu’une simple perception visuelle : elle est une composante essentielle de notre expérience quotidienne, un outil de création, d’expression et de communication. Que ce soit dans l’art, la science, la psychologie ou les traditions culturelles, les couleurs façonnent nos émotions et enrichissent notre manière de percevoir le monde. De tous temps les couleurs sont omniprésentes dans les arts. Les peintres, comme Claude Monet avec ses jeux de lumière ou Pablo Picasso à travers ses périodes bleue et rose, utilisaient les couleurs pour exprimer des émotions profondes. Les deux artistes présentés ici manient avec délectation l’ensemble du cercle chromatique, la diversité des nuances et le symbolisme des harmonies colorées pour nous transmettre une palette de sentiments et de messages subtils.

Gaston est un artiste qui réalise des collages dans lesquels des personnages, des visages, des objets habitants du passé (en particulier des années 50 et 60) retrouvent vie dans des compositions originales contemporaines, souriantes et décalées. Il recherche, compile, observe, imagine et découpe, froisse, déchire, … pour enfin combiner des fragments papier de toutes sortes, détourner, recomposer, réinventer et faire se télescoper les codes, les références et les temporalités. Le collage est un moyen d’expression qui fut utilisé par les mouvements cubiste, dadaïste et surréaliste, entre autres. Aujourd’hui encore, il s’impose comme une pratique artistique à part entière se libérant d’une description ressemblante de la réalité. Le collage crée de nouvelles formes et nous propose de nouvelles configurations visuelles et mentales. Gaston utilise la géométrie, la couleur, la typographie, les mots comme autant d’exclamations modernes qui replacent les sujets dans un temps suspendu. Comme un espace d’expérimentations, le collage lui permet une mise en scène à la fois ironique et sensible où s’immiscent coups de gueule et visions d’un monde contemporain souvent trop malmené. Gaston joue avec les mots, manie le scalpel avec dextérité pour confectionner des collages originaux, poétiques, farfelus et aux messages engagés. Avec ses créations complètement superflues donc absolument indispensables, Gaston traduit l’absurdité qui règne dans notre société pour remplacer, aisément et sans effet secondaire, la prise quotidienne d’antidépresseurs !

En entrant dans l’atelier d’Helga Stüber-Nicolas, nous sommes surpris par la senteur délicate du bois tout d’abord, puis notre regard est attiré par les couleurs qui inondent l’espace. Cet atelier est en effet « envahi » de crayons, rangés avec minutie sur des étagères, dans des tiroirs, savamment classifiés, répertoriés dans des boites. Mais ce ne sont pas n’importe quels crayons ! Ce sont des crayons hauts de gamme, en bois, avec des mines composées de pigments de qualité, que l’artiste considère avec préciosité … et qu’elle manipule avec une dextérité chirurgicale. Bien sûr le crayon lui sert à s’exprimer, mais d’une façon évidemment différente de ce que nous pourrions imaginer, car elle le détourne de sa fonction initiale. La mine est séparée de son bois par le taille-crayon puis l’artiste explore les potentialités de ces deux matériaux que rien ne prédestinait à la fragilité, à la légèreté, à l’abstraction. C’est dans la lente déconstruction du crayon que la création se fait. La notion du temps est en effet essentielle pour Helga Stüber- Nicolas, la minutie de son travail « slow art » étant à contrecourant du temps social, du zapping. L’artiste joue avec les codes de la peinture, d’une part par les nuances multiples de la couleur qu’elle extrait des mines de crayons et d’autre part par ses compositions « abstraites » et géométriques qu’elle crée en disposant sur sa toile les poussières de mines colorées. Ainsi, le crayon qui est usuellement destiné à s’effacer devient ici l’élément essentiel, constitutif de l’œuvre d’Helga Stüber-Nicolas, à travers sa matérialité et non plus sa fonction. Ce crayon n’est plus à percevoir comme un outil, mais comme l’œuvre elle-même…

© N5G – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation. Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

DRAWING DRAW #9

Le lieu multiple montpellier et la N5 Galerie font leur rentrée à l’unisson avec la neuvième édition du salon du dessin contemporain Drawing draw, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. Cette année nous vous proposons de découvrir les travaux de Tamina Beausoleil, Joëlle Bondil, Maria Clark, Bruno Mercet, Mona Laure Millet et Vincent Puren.

À la N5 Galerie, découvrons le travail de Joëlle Bondil, Bruno Mercet et Vincent Puren.

Les deux séries présentées par Joële Bondil témoignent de ce qui ne se représente pas « comme ça » et pour lequel le terme « paysage » ne conviendrait pas. Elle cherche par ailleurs une voie plastique de l’entre deux où faire dialoguer le sensible, la mémoire, les impressions. La série « Champ-contrechamp » est composée de dessins réalisés in situ (sorte de chronique parfois nommée « journal de l’ordinaire »). Tout part d’un protocole préétabli mais jamais figé (médium, couleurs, outils, support, …). Le dessin va naître de l’immersion dans un lieu imprévu ou un territoire repère. La série « Impression/notation » fait quant à elle partie des retours à l’atelier, se référant ainsi à la mémoire, à la trace pour créer un espace sensible. Tisser, entrecroiser les gestes et les médias, les transparences, les formes sont des pratiques fondamentales dans sa recherche.

« Impressions/notation », Aquarelle, impression eau forte, crayon aquarelle et sec,
graphite sur papier Unica, 26×20 cm, 2023, Joëlle Bondil

Enfant, Bruno Mercet regardait son père, maître d’oeuvre en bâtiment, dessiner sur calque des plans de maison, influençant son goût pour la mesure et la précision. Vers l’âge de 12 ans, il visite l’atelier du peintre lithographe et cinéaste Pierre Bichet dont les compositions épurées de ses paysages d’hiver le marquent profondément. Après des études à l’École des Beaux-Arts de Besançon, il s’installe dans la région où il expérimente le dessin, la photographie, la vidéo et les installations ludiques et éphémères en milieu urbain, qui l’amènent au hasard des rencontres à s’initier à l’art performance. Éclectique de manière générale, son travail est intimement lié à son quotidien où les objets ordinaires qu’il affectionne avec tendresse tiennent une place particulière dans ses créations, révélant un univers aussi drôle et poétique qu’absurde et dérisoire.

« Le petit cirque des objets n°1 » (polyptyque), Pastels gras sur medium,
36×31,5 cm (x6), 2022, Bruno Mercet

À travers un regard contemplatif, Vincent Puren cherche à capter la fragilité de nos existences et par extension de celle du monde qui nous entoure. Des cadrages parfois serrés laissent souvent les visages hors champ ou partiellement dissimulés, tandis que la peau, frontière entre l’être et le monde, occupe une place centrale. Ses personnages, dans leur simplicité naturelle et leur sensualité discrète, se révèlent dans des instants de proximité fragile. Son langage visuel, entre mystère et poésie, propose au regardeur une immersion dans un espace intime, une invitation à dans une quête de moments suspendus où le temps semble s’étirer. À la suite de deux résidences de production (réalisées les étés 2024 et 2025 au lieu multiple montpelllier), l’artiste nous propose de découvrir son interprétation des caractères iconographiques de Saint Roch de Montpellier, saint protecteur et guérisseur éminemment charismatique.

« Saint Roch », Aquarelle sur papier, 40x30cm, 2025, Vincent Puren

Et au lieu multiple montpellier, pour la suite de l’exposition, vous pourrez découvrir le travail de Tamina Beausoleil, Maria Clark et Mona Laure Millet.

9è édition du salon du dessin contemporain DRAWING DRAW
– Ouverture le jeudi 4 septembre 2025 dès 17h au lieu multiple montpellier
– Ouverture le vendredi 5 septembre 2025 dès 17h à la N5 Galerie
Expositions du 5 septembre au 4 octobre 2025

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LA COLLECTIVE… été 2025

Cette nouvelle exposition d’été se veut, une fois de plus, ouverte sur tous les médiums (peinture, dessin, volume, collage, …) sans aucune hiérarchisation et avec une sélection artistique toujours exigeante et diverse. Avec un accrochage ample et précieux, dans une ambiance chaleureuse et élégante, cette exposition réunit une sélection d’œuvres des artistes que nous soutenons et défendons avec fierté et passion. Nous vous proposons, au regard et à la vente, un choix pointu d’œuvres, de nouvelles créations, de pièces uniques signées de petits et grands formats. La multiplicité des univers présentés nous offre décidément de bien voluptueuses émotions et saura conquérir le visiteur curieux, l’amateur avisé et le collectionneur d’art.

LA COLLECTIVE… été 2025
Exposition du 4 juin au 19 juillet 2025
Du mercredi au samedi, 10h > 12h30 et 14h > 18h

Avec Céline Achour, Laure Boin, Guiome David, Gaston, Pascale Hugonet, Michèle Mascherpa , Dominique Nicolas, Anne Saligan, Helga Stüber-Nicolas et Pierre Touron.

© N5 GALERIE – pour le respect du travail et des droits des artistes, des auteurs et des diffuseurs. En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation.
Les textes et visuels d’œuvres présentés sur ce site ne sont pas libre de droit.

LIGNES DE FUITES

Les peintures faussement hyperréalistes, en camaïeu de gris, d’Hadrien de Corneillan doivent à la peinture étasunienne, que ce soit aux sites industriels de Charles Demuth ou Charles Sheeler, à la fossilisation ou à la neutralisation des personnages chez Edward Hopper et, surtout, aux toiles et aux photographies en noir et blanc de paysages ouverts d’Ed Ruscha, sur lesquelles figure, parfois, comme chez notre artiste, une légende écrite, intégrée à l’œuvre.

Le parallèle s’arrête ici, car, chez Hadrien de Corneillan, on remarque une prédilection pour les reliques d’activités humaines, les no man’s lands et les déserts qui le rattachent plutôt à un certain romantisme européen, d’Hubert Robert à Caspar David Friedrich, par exemple. Cependant, les ruines, les friches industrielles et les espaces abandonnés de notre peintre n’ont rien de réel. Ils ne sont ni présents ni passés. Ils évoquent peut-être un futur menaçant si l’Homme persiste dans son attitude de consommation incontrôlée des ressources limitées de notre planète.

Pour autant, le propos n’a rien de moralisant ni de pontifiant. Il recourt à des traits d’un humour grinçant ou à des mises en scène surréalisantes – un conteneur de transport maritime échoué sur une plage, un chien errant en plein désert, un immense buste de Lénine sortant de la mer devant un cosmonaute casqué… – qui génèrent un sentiment d’étrange familiarité – l’Unheimlichkeit freudienne –, laquelle renvoie le spectateur à ses propres réflexions et méditations. Louis DOUCET. Critique d’art. FALDAC.

Hadrien de Corneillan est né en 1975. Il vit et travaille dans le sud de la France.
Ancien danseur, Ancien avocat, auteur de théâtre, plasticien, peintre, son parcours atypique fait sa richesse.

[ Lignes de fuites ] une exposition d’Hadrien de Corneillan
Du 4 avril au 24 mai 2025
Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30
Vernissage le jeudi 3 avril 2025 à partir de 17h, en présence de l’artiste

L’ÉDITION DES 10 ANS

Déjà 10 ans que la N5 Galerie explore l’art contemporain pour faire découvrir sur ses cimaises montpelliéraines les œuvres d’artistes émergents et/ou confirmés. Par des expositions et des rencontres la galerie initie et sensibilise un large public d’amateurs et de collectionneurs d’art.

Forte du succès des précédentes éditions, cette nouvelle exposition amorce la période des fêtes de fin d’année et, une fois de plus, se veut ouverte sur tous les médiums (peinture, dessin, volume, collage, …) sans aucune hiérarchisation et avec une sélection artistique toujours exigeante et diverse. Avec un accrochage ample et précieux, dans une ambiance toujours chaleureuse et élégante, cette exposition réunit les œuvres des artistes que nous soutenons et défendons avec fierté et passion. Nous vous proposons, au regard et à la vente, un choix pointu d’œuvres, de nouvelles créations, de pièces uniques signées de petits et grands formats. Autant d’idées cadeaux originales à offrir et à s’offrir pour fêter cette année qui s’achève. La multiplicité des univers présentés nous offre décidément de bien voluptueuses émotions et saura conquérir le visiteur curieux, l’amateur avisé et le collectionneur d’art. Au plaisir de vous y accueillir et de vous faire découvrir cette dernière exposition de l’année 2024 avant qu’une nouvelle saison, riche et éclectique, éclose à nouveau !

Exposition collective l’édition des 10 ans
du 28 novembre au 28 décembre 2024

Laure Boin Silvia Cabezas Pizarro Guiome David Cassandre Fournet Hélène Hampartzoumian Pascale Hugonet Marc Lambert Michèle Mascherpa Vincent Puren Anne Saligan Pierre Touron et invités…

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