RALENTIR TRAVAUX

Une exposition de Helga Stüber-Nicolas du 19 mai au 17 juillet 2021

Colonne invisible (installation – extrait) de Helga Stüber-Nicolas – Pneu, tige métallique, crayon, 2021

En entrant dans l’atelier d’Helga Stüber-Nicolas, nous sommes surpris par la senteur délicate du bois tout d’abord, puis notre regard est attiré par les couleurs qui inondent l’espace.
Cet atelier est en effet « envahi » de crayons, rangés avec minutie sur des étagères, dans des tiroirs, savamment classifiés, répertoriés dans des boites. Mais ce ne sont pas n’importe quels crayons !
Ce sont des crayons hauts de gamme, en bois, avec des mines composées de pigments de qualité, que l’artiste considère avec préciosité … et qu’elle manipule avec une dextérité chirurgicale. Bien sûr le crayon lui sert à s’exprimer, mais d’une façon évidemment différente de ce que nous pourrions imaginer, car elle le détourne de sa fonction initiale.
La mine est séparée de son bois par le taille-crayon puis l’artiste explore les potentialités de ces deux matériaux que rien ne prédestinait à la fragilité, à la légèreté, à l’abstraction. C’est dans la lente déconstruction du crayon que la création se fait. La notion du temps est en effet essentielle pour Helga Stüber- Nicolas, la minutie de son travail « slow art » étant à contrecourant du temps social, du zapping.

« Sans titre » de Helga Stüber-Nicolas – Brisures de mines de crayons sur papier, 9 cm x 15 cm


L’exposition présente une large sélection d’œuvres réalisées sur des supports et avec des processus divers. L’artiste joue avec les codes de la peinture, d’une part par les nuances multiples de la couleur qu’elle extrait des mines de crayons et d’autre part par ses compositions « abstraites » et géométriques qu’elle crée en disposant sur sa toile les poussières de mines colorées. Par leurs effets de couleur, de matière ou de spatialité les réalisations sur toile ou sur papier de l’artiste élargissent le champ des références vers l’impressionnisme ou les « colors fields » de Rothko et d’autres. Helga Stüber-Nicolas se fait ici également sculptrice : elle expérimente d’autres possibilités du matériau et agit sur l’espace du lieu, avec le cercle et la sphère comme symbolique de l’infini, tout en jouant sur la dialectique fragilité/force et légèreté/gravité.
Ainsi, le crayon qui est usuellement destiné à s’effacer devient ici l’élément essentiel, constitutif de l’œuvre d’Helga Stüber-Nicolas, à travers sa matérialité et non plus sa fonction. Ce crayon n’est plus à percevoir comme un outil, mais comme l’œuvre elle-même…

RALENTIR TRAVAUX de Helga Stüber-Nicolas
Exposition du 19 mai au 17 juillet 2021

du mercredi au samedi – 10h > 13h et 14h > 18h30
Vernissage en présence de l’artiste le mercredi 19 mai 2021 de 15h à 20h
N5 GALERIE – 5 rue Sainte Anne, 34000 Montpellier – 09 81 05 39 75

TRACES

Pascale Hugonet et Patrice Barthès, les deux artistes présentés à la N5 Galerie en ce début d’année 2021, entretiennent une méticuleuse évocation du temps passé, transformée en signes pour mettre à distance le réel. Le temps se fait trace, l’écrit acte graphique à part entière et communique ainsi la pensée de la main aux yeux. De l’influence d’un événement surgit alors une empreinte contemporaine qui change notre perception des choses.

L’origine du travail de Pascale Hugonet est aussi histoire de double question. D’abord, le temps. Non pas le temps qui se mesure, mais celui plus poétique, plus existentiel, celui qui se perçoit. Ensuite vient l’écriture. Celle qui pourrait être un « au-delà du langage » (R.Barthes), une volonté de signifier autrement, contre la norme du lisible. L’écriture illisible pour évoquer le non-dit, l’interdit, ce qui fait écart ou lien entre le dicible et l’indicible. L’artiste engage alors, à l’atelier et sur des supports en cire, un travail graphique (voire géographique) sur le signe, la trace, l’écriture spéculaire (en miroir), la répétition du geste comme engagement physique du temps en mouvement.

Patrice Barthès nous présente « Times Série ». Cette nouvelle proposition a pris forme en « relisant » un stock de bâches usagées qui lui permettent de protéger l’établi et/ou le sol de son atelier quand il utilise de l’encre, de l’acrylique ou de l’aérosol. Gardant comme base la bâche en l’état, l’artiste entreprend alors son travail en exploitant les matières et les couleurs qui ont servi à la mise en œuvre de ses autres projets. Il s’agit en quelque sorte d’une mise en abîme de ses processus de travail, un « palimpseste » réalisé avec des outils tels que des rouleaux de papier, des cadres, des clous, des cales, … qui seraient utilisés comme des pochoirs et apparaitraient comme autant de formes répétées. Chacune des œuvres est à appréhender en deux temps : elle possède deux vies, une « diurne » et une « nocturne » lorsqu’elle est rétro-éclairée. Une façon également pour l’artiste de réinterpréter, à sa manière, le clair-obscur…

« TRACES » une exposition de Pascale Hugonet et Patrice Barthès
Du 12 février au 27 mars 2021

Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30
Rencontre avec les artistes le samedi 13 février de 14h à 17h30

RETOUR EN IMAGES SUR L’EXPOSITION « TRACES »

Retour de Jean-Luc Cougy à lire sur « En revenant de l’expo ! »

DU PAYSAGE …

La N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier s’unissent à nouveau pour vous proposer une incursion dans des interprétations mentales du paysage, sujet cher à tant de créateurs d’hier et d’aujourd’hui. À la N5 Galerie, invitons-nous à parcourir les univers de Laure Boin, Alexandre Gilibert, Yves Helbert et Armelle de Sainte Marie.
EXPOSITION PROLONGÉE DU 13 AU 30 JANVIER 2021

L’Artiste contemporaine Laure Boin est connue pour ses « Bondieuseries » iconoclastes, ses « Animus » à la mine de plomb, que vous avez pu découvrir à la N5 Galerie en 2016 et 2019. Ici elle nous surprend avec son travail de peinture sur les paysages cévenols. L’artiste utilise pour cette série une technique très classique/impressionniste de peinture à l’huile. Au travers de ces « verdures », elle replonge dans les images fortes de son enfance ; explore le mystère et la beauté parfois sombre, attirante et ténébreuse des tunnels de feuillages, chemins initiatiques, passages vers une « terra incognita ». Ses paysages en grand ou petits formats sont souvent saisis juste avant l’orage ou juste avant la nuit, instants chassés où l’ombre et la lumière jouent avec les tonalités.

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

Le travail d’Alexandre Gilibert s’élabore autour des questions liées du paysage et du dessin, lieux communs de l’histoire de l’art. Les vues que l’artiste propose instaurent une scénographie de l’absence et des éléments naturels qui les composent (végétation, étendues, reliefs, cours d’eau, …). Ses dessins, par leur frontalité, s’avèrent davantage redevables aux méandres d’un Jackson Pollock qu’à l’espace serein et articulé d’un Nicolas Poussin. Leur dimension photoréaliste doit être aussi comprise comme trace d’un passage du registre de l’image photographique à celui sensuel du dessin pur, où seul varie la densité de la couche de pastel noir. Ce rapport à un paysage naturel par le biais d’intermédiaires plastiques et graphiques rend visible mais aussi lisible ce qui autrement resterait inaperçu ou simplement chaotique. Le dessin de paysage obtenu permet ainsi de « prendre connaissance du terrain » et d’en dégager les lignes de forces qui le structurent…

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

À la fois artiste et historiographe d’une histoire de l’art, Yves Helbert puise ses références dans des œuvres emblématiques qu’il revisite et réactualise. Il ajoute au dessin au graphite une seconde réalité, calligraphiée et troublante que chacun pourra ajuster selon sa propre histoire : au trait sûr et minutieux, des « titres » sont juxtaposés, créant un trouble… Ces expressions « imagées » et courantes de la langue française paraissent associées de manière arbitraire (clin d’œil malicieux au surréalisme de Magritte), tout en restant dans les thèmes qui sous-tendent les interrogations de l’artiste : rapport à la nature, à la politique, à la nostalgie, à l’esthétique… Si l’histoire de l’Art nous a habitués pendant des siècles à distinguer art du paysage et art du portrait, Yves Helbert a décidé de mêler les deux en donnant la part belle à l’humain et à ces personnages imaginaires plus grands que nature.

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

À travers ses dessins et peintures, l’artiste Armelle de Sainte Marie nous transporte dans des paysages intérieurs, chimériques, parfois organiques. Elle développe un univers qui propose des espaces suspendus, tendus entre presque-figuration et abstraction, des géographies imaginaires ambiguës. On y trouve des motifs récurrents qui évoquent végétaux, minéraux, milieux aquatiques. L’artiste s’intéresse à la vitalité, a  l’entropie, à la transmutation. Ses compositions en mouvements ou flottantes, dans lesquelles les formes semblent engendrer elles-mêmes leurs propres fantasmagories. Ce qui est présenté au regard est suggestion, sans que les moyens picturaux utilisés ne tentent une imitation ou une représentation définitive. Un mouvement omniprésent, un monde qui bruisse…

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

“ DU PAYSAGE …” une exposition de Laure Boin, Alexandre Gilibert,
Yves Helbert et Armelle de Sainte Marie.
Exposition du 4 novembre au 31 décembre 2020
du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30 et sur RDV
Vernissage mardi 3 novembre 2020 à partir de 17h en présence des artistes.
(vernissage annulé pour cause d’interdiction liée à la crise du COVID 19)
EXPOSITION PROLONGÉE DU 13 AU 30 JANVIER 2021

Le lieu multiple montpellier propose pour sa part de découvrir les travaux de Virginie Blanchard, Océane Moussé et Jérôme Souillot, toujours dans le cadre de l’exposition « Du paysage … » visible sur les deux galeries partenaires.

Retour en images sur l’exposition « DU PAYSAGE … »

DRAWING DRAW #4

N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier font leur rentrée à l’unisson avec une nouvelle édition du rendez-vous désormais bien identifié, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. À la N5 Galerie, découvrons le travail de Marie Havel et d’Amélie Joos…

L’œuvre de Marie Havel trouve son origine dans la notion de ruine, son appréhension à travers l’enfance, ses matériaux, ses expérimentations… Ayant grandi au milieu de paysages anciennement tourmentés par les affres de la Grande Guerre, l’artiste reconstitue aujourd’hui les vestiges futurs d’une civilisation vouée au déclin. Son travail consiste en une tension entre construit et déconstruit, entre découverte et recouvrement et donc, entre jeu et ruine. L’artiste s’intéresse également aux motivations de l’action vaine, à l’apprentissage de l’échec, que l’on retrouve dans le rituel du jeu. Elle conçoit les possibles changements d’identité d’un même lieu ou paysage avec la volonté de pointer l’histoire individuelle dans une histoire plus collective, de révéler le travestissement des lieux par le souvenir, de percevoir des lieux comme des « paysages usagés ». Entre modulations infinies dans un univers défini et des scénarios illimités, Marie Havel dédramatise la notion de temps qui passe et qui use avec espoir, poésie et légèreté. Elle s’empare de cette mémoire marquante pour la mettre à distance avec les outils et les idées de sa génération. Pour cette exposition, nous mettons en avant la palette singulière et pluridisciplinaire de l’artiste qui expérimente les possibles de la pratique du dessin en explorant avec beaucoup de dextérité l’ensemble des médiums.

Visuel ci-dessus : « Maisons clous (2) » de Marie Havel
Dessin au papier de verre sur tirage numérique noir et blanc, 50 x 70 cm, 2017


Amélie Joos nous invite pour sa part à pénétrer l’intimité de son atelier et à découvrir son travail avec une installation intitulée : “romanticism is not cancelled”. L’artiste installe sa table à dessin, ses outils, sa lampe, son canapé, … dans la seconde salle de la galerie. Elle nous permet, de ce fait, la découverte de son espace de créations. Les dessins d’Amélie Joos, souvent de petit format propice au récit intime, naissent généralement sous forme d’écriture automatique. D’un seul trait, souvent pulsionnel voire agressif, les images intérieures sont traduites sans croquis, d’une manière directe et immédiate sur la feuille. Dans ce processus de création, Amélie Joos tente de faire surgir des images de son inconscient. Le point de départ d’une œuvre est multiple. Un mot, une phrase, une image ou du vécu peuvent être pour l’artiste déclencheur d’un travail. Ses dessins révèlent des états d’âme, des sentiments, l’angoisse, le désir, les blessures ou encore la joie et la jouissance. Toutes ces émotions sont exprimées d’une manière énigmatique et peuvent provoquer auprès du spectateur des sentiments ambivalents. Le sens multiple et ambigu de son travail est d’une grande importance. Malgré cela, les personnages hybrides qu’elle dévoile sur le papier nous montrent leur âme, expriment leur vécu, avec chacun sa petite névrose et sa stratégie de survie face à l’absurde. Comme si l’artiste interrogeait nos propres angoisses, nos enfermements, nos rêves, pour nous donner à voir et à méditer…

Visuel ci-dessus : prise de vue de l’atelier d’Amélie Joos

« DRAWING DRAW #4 » de Marie Havel et Amélie Joos
Vernissage de l’exposition le mercredi 2 septembre à 18h
Exposition du 3 septembre au 24 octobre 2020
du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Le lieu multiple montpellier propose pour sa part de découvrir les travaux de Joëlle Bondil, Peter Lökös et Thilleli Rahmoun.

NO PROHIBIDA

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Depuis l’Antiquité les artistes ne cessent d’interpréter le désir amoureux, de saisir une pulsion charnelle : c’est l’instinct le plus universel dans l’histoire de l’homme à travers l’art. L’érotisme a inspiré quelques-unes des plus belles créations de l’histoire de l’art (des peintures de Botticelli, des sculptures de Michel-Ange, Rodin ou Louise Bourgeois pour ne citer qu’eux). Mais voilà, ce qui est considéré comme beau et sensuel par l’un, est jugé lascif et obscène par l’autre. De nombreux artistes, en leur temps, en ont d’ailleurs fait les frais (Courbet et L’origine du monde, Rembrantd et Le lit à la Française, ou plus proche de nous des artistes comme Nan Goldin, Mapplethorpe, …).

L‘érotisme et la sexualité dans l’histoire de l’art ne s’expriment pas de la même façon au fil des siècles. La création suit l’évolution de la société, se faisant plus explicite aux périodes libérées. … Et ce n’est pas sans poser problème ! Hier, aujourd’hui et inévitablement demain.

Faisant fi de la montée en puissance de la critique morale et de la censure actuelle, nous vous proposons une vision subtile, plurielle et décloisonnée du sexe, des fantasmes et du désir à travers le regard de 26 artistes, soit une sélection de plus d’une centaine d’œuvres sublimant les corps, les sexualités et l’érotisme.

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Ici, une peinture d’André Cervera évoque un libertinage réjouissant représenté par une généreuse variété d’instruments de plaisir , là, Julie Dalmon dessine des étreintes sur des omoplates de veau. Puis, une sculpture de Matthieu Faury nous donne à découvrir un homme enceinte (qui s’inspire de l’histoire vraie de Thomas Beatie, transgenre). En regardant de plus près cet autre œuvre signée Claudie Dadu, on distingue des scènes X dessinées au cheveu. Là, une fiole en verre remplie de l’urine de Charlotte Caragliu au titre évocateur de Golden shower trésor. Des dessins au graphite d’Yves Helbert (qui entreprend savamment le nu dans l’art du selfie) côtoient des textes débridés brodés sur des sacs à main de Benedict Vallas … : la multiplicité des représentations et des médias nous offre décidément de bien voluptueuses émotions !

Comme une invitation à une rencontre entre désir et imaginaire, cette exposition n’a pas seulement vocation à séduire le spectateur « averti », mais à le transporter …

CETTE EXPOSITION EST DESTINÉE À UN PUBLIC AVERTI !

« NO PROHIBIDA »
Du 13 mai au 18 juillet 2020
Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h 18h30

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Les artistes Juli About, Æ, François Benard, Laure Boin, Corine Borgnet, Charlotte Caragliu, Axelle Carruzzo, André Cervera, Stéphanie Chardon, Marie-Cécile Conilh de Beyssac, Claudie Dadu, Julie Dalmon, Karine Debouzie, Léo Dorfner, Matthieu Faury, Yves Helbert, Cécile Hug, Amélie Joos, Cendres Lavy, Stéphanie Lobry, Michèle Mascherpa, Florence Mirol, Gilles Olry, Julie Perin, Mme S., Bénédict Vallas.

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Retour complet et documenté sur l’exposition « NO PROHIBIDA » par Jean-Luc Cougy pour le site « en revenant de l’expo ». Pour lire l’article, cliquez sur l’image ci-dessous.

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Ne faut-il pas être un peu déséquilibré pour vouloir peindre une pomme ?

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Visuel du carton : Besser wird es nicht – Technique mixte sur toile 55×46 cm – 2019

Le monde pictural de Ralf Altrieth est d’une incontestable cohérence. On peut le vérifier en confrontant un grand nombre d’œuvres, de formats divers et datées de plusieurs années successives, comme cela est le cas pour cette exposition.

Ralf Altrieth peint des épisodes, extraits d’un monde imaginaire et fantaisiste, d’une foisonnante richesse. Ses toiles sont peuplées de codes narratifs et de contes fantastiques. Il y a beaucoup de poésie dans les œuvres de cet artiste. On sent dans cette peinture pleine de vie et de mouvement (et pas seulement dans les grands formats), un émerveillement d’être, une ouverture à toutes les potentialités de la vie, une interrogation constante devant les mystères de l’humain.

L’artiste ne dénonce pas, ne juge pas le monde contemporain. Il se contente de le décrire avec son langage propre, sa générosité et sa liberté. Il fait référence au monde de l’enfance, de l’humour, même si dans la forme il y a quelque chose d’assez violent.

« Le mouvement, la violence sont des paramètres très importants pour la peinture. Ils permettent d’être précis, même si l’apparence suggère le contraire. » R.A.

Ici le trait est un moyen calligraphique rapide et spontané qui sert à réécrire des images, des contenus et des formes et à les relier entre eux. Il se conjugue à une harmonie colorée peu conventionnelle pour produire une écriture directe et franche, non hésitante. Ses peintures, semi-abstraites et pourtant bien figuratives, sont actuelles, insolites et vigoureusement vivantes. Il associe les motifs (même ceux qui ne vont pas ensemble) et use d’une palette de couleurs qui vient irradier ses toiles et produire un tout irréel.

« J’essaye de pousser la peinture plus loin. La peinture, c’est quelque chose de plus grand que moi. La radicalité permet d’aller plus loin, de se détacher, de voir plus. » R.A.

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Contemporary was yesterday – Technique mixte sur toile 42x102cm – 2019

Biographie de l’artiste :
Ralf Altrieth est né en 1966 Heilbronn, en Allemagne et a suivi des cours particuliers auprès du peintre Georg Schaible à l’âge de 14 ans, à Baiersbronn puis a fréquenté l’Académie des beaux-arts de Nürtingen (1987-1989).
Il a exposé chez le remarquable galeriste Hartmut Beck, a également réalisé des décors, composé des musiques scéniques et mis en scène des pièces de théâtre et est co-fondateur de la maison de disques Meta records.
En s’exprimant depuis trente ans travers la peinture, le dessin, la linogravure, les installations, la sculpture, mais aussi en tant que saxophoniste et compositeur de jazz contemporain, Ralf Altrieth depuis toujours revendique une totale liberté artistique.
Il a travaillé et vécu à Berlin, Fribourg-en-Brisgau, Erlangen, Paris, Venise, de 2006 à 2013 en Normandie et depuis 2014 il s’est installé dans le sud de la France. Nombre de ses œuvres se trouvent aujourd’hui dans des collections privées en France, en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, en Australie et aux Pays Bas….

« Ne faut-il pas être un peu déséquilibré pour vouloir peindre une pomme ? »
Une exposition de Ralf Altrieth du 16 janvier au 29 février 2020
Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Vernissage le jeudi 16 janvier 2020 à partir de 18h

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Visite de l’atelier de Ralf Altrieth

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Retour en images sur le vernissage

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Animus

Artiste virtuose du dessin à la mine de plomb et au fusain, Laure Boin nous avait émerveillés avec ses « Bondieuseries » présentées à la N5 Galerie en 2016. À partir du 5 novembre 2019, pour cette nouvelle exposition, elle invite notre regard et notre esprit à pénétrer un autre monde, celui de ses « Animus ».

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L’artiste explore cette fois les conditions humaine et animale, sur un pied d’égalité, au travers de scènes de la vie quotidienne dont les protagonistes – amis et amies mis.es à nu par l’artiste pour la plupart – prennent les traits d’animaux les plus divers.

Biches, chiens, chats, vaches, poules, loups, oiseaux, cerfs, moutons se confondent totalement avec l’identité même de ces personnages hybrides qui nous touchent tant par leur humanité que par leur animalité. La frontière entre ces êtres vivants pleins d’expressions et de sensibilité s’estompe totalement et nous donne à réfléchir, comme légendes et mythologies l’ont fait de tout temps, aux questions de l’identité, des genres et du vivant.

Avec élégance, beaucoup d’humour et de sensibilité, les émouvants Animus de Laure Boin, faits de millions de petits traits à la mine de plomb, nous renvoient à l’essentiel, à ce que nous sommes véritablement, de fantastiques animaux parmi d’autres.

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Indiana – Mine de plomb sur papier – 115x150cm – 2018 – © Laure Boin – N5G

Laure Boin est une artiste reconnue qui vit et travaille dans la région. Après des études à l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris et une carrière dans le graphisme, l’illustration et le stylisme, Laure est revenue à ses passions d’enfant, le dessin et la peinture. Libre et fondamentalement pluridisciplinaire, elle change de média au gré de son inspiration et de ses envies. Son travail est instinctif, éclectique et transcrit un univers très personnel en constante évolution.

Exposition « Animus » de Laure Boin
du 5 novembre au 31 décembre 2019
Du mercredi au samedi – de 10h à 13h et de 14h à 18h30
Vernissage le mardi 5 novembre 2019 de 18h à 20h30

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N5 GALERIE est en partenariat avec la galerie le lieu multiple montpellier pour assurer la direction artistique des expositions et des évènements.

EXERCICES DE STYLE #4

Pour la quatrième année consécutive, nous vous proposons une rentrée sous le signe du dessin contemporain, en vous présentant cette année les œuvres de Michèle Mascherpa et d’Yves Helbert. Entre regards croisés et dialogues d’artistes privilégiant la pratique du dessin sous diverses formes, l’esprit du spectateur sera confronté à l’image, sans pour autant être guidé vers une interprétation jugée plus juste qu’une autre. Les dessins de ces deux artistes sont teintés d’humour, apparemment léger et délicat. Ils laissent pourtant planer le doute, s’affranchissant des clés de lecture habituelles pour qu’en adviennent de nouvelles.

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Yves Helbert est un artiste autodidacte, qui a fait seul ses classes devant les tableaux des grands maîtres qui l’ont précédé. Avec la distance et l’humour que semble avoir exacerbé chez lui son apprentissage en solitaire, il se fait à la fois artiste et historiographe d’une histoire de l’art, puisant ses références dans des œuvres emblématiques qu’il convoque, revisite et réactualise. Il ajoute au dessin au graphite une seconde réalité, calligraphiée et intempestive. Au trait sûr et minutieux, des « titres » sont juxtaposés, créant un trouble… Ces expressions « imagées » et courantes de la langue française paraissent associées de manière arbitraire (clin d’œil malicieux au surréalisme de Magritte), tout en restant dans les thèmes qui sous-tendent les interrogations de l’artiste : rapport à la nature, à la politique, à la nostalgie, à l’esthétique…

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Michèle Mascherpa dessine comme elle écrit, écrit comme elle dessine. Son écriture devient plastique et prend une place considérable dans son travail. Elle pratique l’allusion, la figure de rhétorique consistant à dire une chose avec l’intention d’en faire entendre une autre. Elle revient à l’essence même de l’écriture comme geste, le mot est parfois lisible, compréhensible et parfois il devient un élément graphique à part entière. Ses dessins sont réalisés de manière très spontanée sur un papier préparé de longue date, qui mature tel un épiderme et se charge d’éléments graphiques et de collages. Les dessins et les textes s’y inscrivent en profondeur. Le temps est à l’œuvre dans chaque pièce, il évolue, restitue ou avale ce qui y a été accueilli au moment de la réalisation. La technique de la gravure (de l’allemand graben : creuser) s’est imposée à Michèle Mascherpa, elle lui permet un travail en profondeur en plusieurs étapes. Le moment de l’encrage est essentiel dans son processus de création, éloigné de la technique pure, elle renoue avec les gestes du peintre, ce qui fait de chaque épreuve une pièce unique.

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+ artiste invitée : Dominique Lonchampt
À découvrir dans le premier espace de la galerie.

Depuis son exposition présentée à la galerie en 2016, Dominique Lonchampt a poursuivi ses recherches sur l’expression du minéral dans tous ses états, utilisant le papier comme empreinte et emprunt, au sens du prélèvement de forme-matières.
Nous sommes heureux de vous faire découvrir ses nouvelles œuvres qui s’affichent dans leur modestie de “pierres des chemins”: le papier épouse des formes existantes dans l’espace littéral et, par « frottage », révèle des lignes à décrypter, pour entamer tel le géologue, un voyage à travers le temps. Les kerns sont marques de passage, comme le geste qui, muni de mine de plomb ou de poudre de graphite, trace des cercles, universels, intemporels, prémices d’un univers en formation.
Il est question ici du « temps géologique », mais aussi du « temps humain », matérialisé par des volumes simples et légers. Le papier devient « peau » à voir et à penser. L’artiste Dominique Lonchampt manie l’art de la « transfiguration », nous propose de nouvelles lectures et ouvre ainsi le théâtre de notre imaginaire.

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Disque – technique mixte sur papier marouflé sur tarlatane ‐ diamètre 55 à 60 cm – fixé sur châssis toile

Exposition « Exercices de style #4 »
de Michèle Mascherpa et Yves Helbert
+ artiste invitée : Dominique Lonchampt
du 3 septembre au 19 octobre 2019
Vernissage le mardi 3 septembre 2019 de 17h à 20h

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Dessins

Une fois de plus, la N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier s’associent pour proposer leurs deux lieux en synergie autour du travail de Cédric Torne.

N5 galerie_carton_exposition_Dessins_Cedric Torne_Montpellier_2019Après avoir étudié le design d’espace, architecture et arts plastiques, Cédric Torne mêle aujourd’hui pratique personnelle du dessin, enseignement et exploration du champ scénique, en collectif d’artistes.
L’architecture, l’urbanité ou encore le paysage (naturel) sont les sujets de prédilection de l’artiste. Il représente toujours des choses « vues », observées même en amont et ré-évaluées dans cet en-dehors qu’est l’atelier. L’oeil, la main, le geste, la ré-apparition : Cédric met en place un protocole d’épuisement pour ouvrir, couvrir, découvrir, recouvrir … redécouvrir des images faites préalablement, parfois plusieurs années auparavant, comme déjà éprouvé sur une table d’architecte (Rotring, T et équerre en main).

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À la N5 Galerie, l’artiste propose une sélection de son travail quotidien de dessins, réalisés en 2018 et 2019. Il s’attache en particulier à présenter des images réalisées sur les transparences et les reflets des façades et intérieurs urbains, jouant avec la compacité du monde.

N5 Galerie :
« DESSINS »
exposition du 2 avril au 18 mai 2019

du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30
Vernissage mardi 2 avril de 17h à 20h30
5, rue Ste Anne, 34 000 Montpellier

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Au lieu multiple montpellier, il invite d’autres artistes ou proches à s’emparer de reproductions de ces dessins et à les considérer comme une matière de travail à expérimenter, à prolonger pour faire apparaître quelque chose « autre », un espace à habiter : vidéo, sculpture, installation, écrits…

Le lieu multiple montpellier :
« FEATURE/FIGURE »
exposition du 4 au 20 avril 2019
du mercredi au samedi de 15h30 à 19h
le lieu multiple montpellier
3, rue de Moissac, 34 090 Montpellier – Contact : 06 07 40 10 16

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Nowhere

n5 galerie_exposition_nowhere_denis brun_montpellier_2019_2Cette exposition est construite comme un carnet de voyage protéiforme à l’image d’un artiste libre de toutes contraintes. Un meltingpot créatif empreint de culture populaire aux inspirations intimes et multiples.

C’est en effet la vie, ses rencontres, ses réactions face à son environnement qui nourrissent les projets plastiques de Denis Brun. C’est par le prisme de sa sensibilité qu’il les formalise. Comme une interface, entre sa conscience et ce qui l’entoure, qui animerait son processus créatif. Ainsi naît un vocabulaire d’objets, de formes, d’images ou d’attitudes à même de rendre compte de son état émotionnel du moment. La poésie technique et l’intention onirique de l’artiste sont mises en avant, tout en laissant sa libre interprétation par le spectateur.

La liberté est la constance invariable de ses réalisations. Sans aucun interdit, il use de toutes sortes de matériaux et de médiums pour créer une narration où l’on peut se retrouver et projeter sa propre imagination. L’artiste ne pose aucune hiérarchie entre ces pratiques : “Chacune procure, dit-il, sa façon propre d’appréhender la réalité, chacune apporte sa souffrance spécifique.” L’ensemble de ses réalisations est comparable à un road movie où le passé et le présent, comme une même épine dorsale, est en constante transformation. Présenter des travaux récents et plus anciens pour cette exposition est donc rapidement devenu une évidence.

L’exposition « Nowhere » nous immerge dans une grande liberté créative. L’artiste réactive provisoirement une sensation enfantine du « beau » pour finalement l’extraire de son contexte affectif originel afin de l’appréhender de manière plus distante, amusée, moqueuse et jouissive.

N5 galerie_carton_exposition_Denis Brun_1Biographie de Denis Brun par Denis Brun :

« Je suis né par accident en 1966 dans la même clinique que Jean-Yves Jouannais.
Je travaille et je vis à Marseille mais pas uniquement.
Je vis aussi chez mes amis d’Anvers, de Liège, de Nice, de Paris, ou alors dans certains endroits que je visite, car j’adore partir de chez moi plus ou moins longtemps, même si je me sens très bien là où je vis actuellement.
Je travaille dans le train, dans l’avion, à la piscine quand je fais des longueurs, quand je marche pour me rendre à la gare, quand je prends mon longboard pour aller faire mes courses, quand je regarde SouthPark, que j’écoute East Village Radio, Studio Bruxelles, ou quand je fais du vélo.
je fais de la peinture en pensant à la musique, que je fais des vidéos en pensant à la peinture et à la musique, que je fais de la « basse-couture » en pensant à la photographie ou au sexe, que je fais de la musique en pensant à la vidéo, à la peinture au dessin ou à l’écriture et que j’écris en pensant à toutes ces choses en même temps. Pour la céramique je ne pense à rien donc aucun intérêt à m’étendre sur le sujet.
Quant au…sujet… de mon travail, hormis le fait que j’en sois le centre plus ou moins direct, j’essaie par tous les moyens dont je dispose, de le masquer, par jeu ou par pudeur.
Je m’efforce de créer des histoires tendant vers l’abstraction, sans la moindre hiérarchie dans les médiums utilisés, afin qu’il en résulte une forme de narration fictionnelle prenant ses origines dans le sens commun que j’utilise comme dernière balise avant le grand saut dans le vide.
Je pense que la particularité peut-être une qualité, mais j’essaie aussi en permanence, de dépasser mes limites techniques et intellectuelles, avec comme seul but de faire un meilleur travail quel qu’il soit.
Et même si la poésie technique me semble plus appropriée que la prouesse technique, l’intention onirique reste primordiale, tout comme sa libre interprétation par le spectateur. « 

Exposition « Nowhere » de Denis Brun
du 5 février au 16 mars 2019

Vernissage le mardi 5 février, à partir de 17h en présence de l’artiste.

Cette exposition est présentée en partenariat avec la galerie Le lieu multiple

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Chronique de Jean-Luc Cougy sur les exposition de Denis Brun à Montpellier
à lire sur
« En revenant de l’expo »

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