ABSTRACTION EXPRESSIVE

Avec cette nouvelle exposition, la N5 Galerie invite deux artistes qui nous offrent leur interprétation du réel. Il y est question d’utopie, de représentations mentales et de sensations visuelles…

Des grains de raisin, une cerise qui se décompose, des popcorns, un passage furtif de lumière, le balancement d’un brin d’herbe, … sont autant d’éléments à l’origine du travail de Chrystèle Gonçalves. L’artiste perçoit au travers de ces formes et instants fugaces, une multitude d’espaces temporels qui constituent l’essence même des nombreux cycles de la vie. Elle tend à démontrer qu’au-delà de la simple représentation d’un ensemble d’objets anodins, on peut discerner une richesse d’instants, un réseau organique, le grouillement temporel d’un même évènement. D’une apparition soudaine découle une palette de couleurs puis un format sur lequel germent des ombres. Sa peinture s’élabore d’une façon intuitive dans la prolifération organique d’une bataille ambiguë mais jubilatoire, entre abstraction et figuration, et qui évoque un équilibre bien précis. S’il est bien une illusion – et si sa réfutation a toujours été un des éléments fondamentaux de sa créativité – c’est qu’il existerait un temps universel, un flux, courant unidirectionnel, à la surface duquel les évènements flotteraient et dont nous ne serions que les spectateurs impuissants et passifs.

L’inspiration de Lucie Bitunjac vient de la Renaissance italienne, qu’elle retravaille à partir de perspective intuitive comme autant de points de vue et de vérité. Une recherche qui l’amène à faire et défaire le rapport intérieur-extérieur des environnements.
Après avoir aplati sa vision de la cité pour la réduire à un noyau compact, coloré et plan dans son travail de peinture et de dessin (à découvrir à la galerie le lieu multiple montpellier du 4 au 27 novembre) Lucie Bitunjac lui re-donne la troisième dimension dans ses céramiques montrées à la N5 Galerie.
La simplification des formes, les couleurs vives, la perspective à plusieurs points de fuite perdurent et structurent l’espace, comme dans ses œuvres planes, mais le volume résultant n’a rien de réaliste. Inutile d’essayer de retrouver, dans ces objets de dimensions modestes, la représentation d’une quelconque construction humaine, même utopique. Nous sommes dans le domaine de la pure abstraction, privilégiant les angles insolites, les équilibres de guingois, ou la glaçure translucide laisse deviner le geste de la main de l’artiste qui a posé les émaux sur les surfaces. Ici sa démarche est celle d’une dissolution du sujet, puis d’une reconstruction. Du réel à sa sublimation, puis de l’idée vers une nouvelle matérialisation…

ABSTRACTION EXPRESSIVE
Une exposition de Lucie Bitunjac et Chrystèle Gonçalves
Du 30 octobre au 27 novembre 2021
Vernissage le vendredi 29 octobre 2021 de 17h à 20h, en présence des artistes.

HORS LES MURS

Nous sommes heureux de vous retrouver à Lyon pour la septième édition du salon du dessin contemporain LYON ART PAPER, du 7 au 10 octobre 2021. Nous avons été sélectionné et nous sommes fier d’y présenter les œuvres sur papier de l’artiste Alexandre Gilibert.

Les œuvres de l’artiste Alexandre Gilibert sont une ode au silence, à la paix de l’âme, à l’immuable – à l’éternel serais-je tenté de dire. Il y a une impression d’éternité, un sentiment d’immanence dans ces fragments de nature. Nul vent, nulle présence ne vient troubler la végétation. Le sol est là, visible ou non, mais perceptible. Les arbres, les roches s’y ancrent, et paraissent avoir été là depuis toujours, être voués à y rester pour toujours. Le sol est le socle sur lequel reposent ce motif, ces figures, statues d’une civilisation oubliée ou ignorée. La présence de l’artiste ne perturbe en rien ce microcosme. Mais son regard l’exhume, le transmue en paysage, et le projette dans d’autres temporalités.
D’épreuve en œuvre, le motif est tamisé, criblé par le geste de l’artiste. L’instantané d’une nature intemporelle devient la matrice d’un lent et patient travail artistique. Un dialogue s’établit avec l’artiste dans l’atelier : c’est le temps de la création, de la mue en paysage. Un temps qui sépare l’instant de l’éternité, ou plutôt qui les relie. L’œuvre immortalise le moment et l’expérience originels, et la Nature immémoriale se métamorphose en paysage projeté dans le hic et nunc.
Le travail d’Alexandre Gilibert s’immisce ainsi dans des interstices temporels complexes et son œuvre repose dans une sorte d’achronie troublante. Elle renvoie à des archétypes et à des expériences singulières, à l’immuable et au fugace… Les temporalités se télescopent et interrogent profondément le statut et la nature de ces paysages.
(Thomas ANDRÉ – Extrait du livre Éprouver le paysage)

LYON ART PAPER 2021
7è édition du salon du dessin contemporain
DU 7 AU 10 OCTOBRE 2021
Vernissage mercredi 6 octobre à 18h30
Palais Bondy – 18/20 quai de Bondy – 69005 Lyon

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DRAWING DRAW #5

N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier font leur rentrée à l’unisson avec la cinquième édition du salon du dessin contemporain Drawing draw, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses.

À la N5 Galerie, (re)découvrons le travail de Stéphane Dupuis, Hélène Hampartzoumian et Mme S. …

Extraits d’œuvres de Mme S., Stéphane Dupuis et Hélène Hampartzoumian, artistes présentés à la N5 GALERIE


Des instants de vie, des stylos à bille, de la patience, de l’imagination et l’être humain dans son milieu urbain : tels sont les ingrédients qui composent le travail de Stéphane Dupuis. L’artiste pose un regard neutre mais curieux sur notre monde où les codes de communications changent et se reconstruisent. De la pointe de ses stylos et avec une impressionnante précision, l’artiste donne vie à des personnages qui semblent détachés du monde réel, en totale immersion dans un univers numérique et immatériel. D’une gestuelle anodine d’un quotidien jaillit alors tout l’implicite de notre société actuelle. De son trait bleu ininterrompu qu’il couche sur le papier, Stéphane Dupuis représente le vivant avec une force et un réalisme surprenant. Pourtant ce dynamisme apparent trahit la solitude moderne de la virtualité, dévoilant l’ambiguïté et l’antagonisme de l’être humain.


La pratique du dessin chez Hélène Hampartzoumian commence avec une base au trait fin à l’encre qui se déploie en créatures étranges, toutes inspirées par la nature, le plus souvent végétale. Une sorte d’invasion / profusion d’espèces, uniquement contrecarrée par la présence de délimitations géométriques imposant les limites de l’exercice. Contournement d’obstacles, zone de densité et de contraste, amas très serrés, c’est un jeu de lutte pour conquérir la place qui nous revient et ouvrir les horizons. Dans son nouveau travail à partir de collages de gravures anciennes, elle revisite les tableaux de scènes bibliques pour la plupart, redonne une place centrale aux personnages féminins, pose un autre regard, invente une autre mise en scène et raconte une nouvelle histoire pour des tableaux qui retentissent encore aujourd’hui par l’expression de leurs émotions.


L’artiste plasticienne Mme S. compose un répertoire de ses rêveries nocturnes. Elle nous livre un univers intime, sensible et poétique dans lequel le sentiment amoureux s’illustre avec une extrême délicatesse et une sensualité à fleur de peau. L’artiste couche ses belles endormies, faites d’encre et de crayons, sur un papier qu’elle brûle soigneusement lui conférant l’apparente fragilité d’une
dentelle. « Je brûle, je m’enflamme, me consume » semble-t-elle vouloir nous dire. Ces femmes sont dénudées, alanguies, somnolentes. Mais sont-elles délivrées de leurs songes ou sont-elles liées par eux ? Le lien, c’est bien ce dont il est question. Exprimer des sentiments à travers la représentation de liens, de cordes, de nœuds qui entourent le sujet, quand l’artiste veut évoquer le lien, l’attachement, l’emballement. Amoureusement enlacées, les yeux et leurs bouches closes, ses belles endormies (référence à une célèbre estampe japonaise d’Hokusai, Le Rêve de la Femme du Pêcheur, de 1814) nous transportent dans un voyage nostalgique, érotique et surtout
initiatique.


Le salon du dessin contemporain DRAWING DRAW #5
Stéphane Dupuis, Hélène Hampartzoumian et Mme S.

Vernissage vendredi 3 septembre 2021 dès 17h en présence des artistes
Exposition du 3 septembre au 2 octobre 2021
du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Et à la galerie le lieu multiple montpellier, dans le cadre du salon du dessin contemporain DRAWING DRAW #5, (re)découvrons le travail de Fabrice Cazenave, Anaïs Pélaquier et Anne Pons – En savoir plus

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LA PRESSE EN PARLE …

Septembre/octobre 2021
Septembre/octobre 2021

© N5 GALERIE / Les visuels des œuvres présentés sur ce site ne sont pas libres de droits. Pas d’utilisation commerciale ni de modification autorisées sans notre autorisation.

JAZZ & ART CONTEMPORAIN

QUAND LE JAZZ RENCONTRE L’ART CONTEMPORAIN …

Nous sommes heureux de vous convier, le vendredi 16 juillet 2021, à un concert de jazz intime pour clôturer l’exposition RALENTIR TRAVAUX de l’artiste Helga Stüber-Nicolas.

Jazzman émérite et contrebassiste d’exception, Clovis Nicolas vit et travaille à New-York. De passage à Montpellier, Il nous fait l’honneur de se produire en solo pour le finissage de l’exposition. Des instants de pur plaisir où toute la beauté et la justesse de son jeu, mais aussi son imaginaire et le sens du son de son instrument, vous transporteront. Clovis Nicolas vous propose sa façon d’entendre et de retranscrire ce qu’il ressent en faisant glisser ses notes sur et autour des œuvres d’Helga Stüber-Nicolas. Une manière rare de (re)découvrir le travail de l’artiste Helga Stüber-Nicolas magnifiquement accompagné de l’interprétation d’un musicien remarquable.

Déroulé de l’évènement du vendredi 16 juillet 2021 :
17H00 : RDV à la N5 GALERIE, rencontre avec l’artiste Helga Stüber-Nicolas pour découvrir ou redécouvrir son travail.
18H30 : Clôture de l’exposition et départ pour le lieu du concert (à proximité)
19H00 : Début du concert

Pour respecter les règles sanitaires toujours en vigueur, la jauge est limitée.
Pour participer à ce concert gratuit, une réservation par mail est indispensable et à envoyer à : CONCERT COMPLET
(Merci d’indiquer votre nom et le nombre de personnes pour chaque réservation. La validation de votre réservation vous sera envoyée par retour de mail)

En savoir plus sur Clovis Nicolas
En savoir plus sur l’exposition RALENTIR TRAVAUX de Helga Stüber-Nicolas

RALENTIR TRAVAUX

Une exposition de Helga Stüber-Nicolas du 19 mai au 17 juillet 2021

Colonne invisible (extrait) de Helga Stüber-Nicolas – Pneu, tige métallique, crayon, 2021

En entrant dans l’atelier d’Helga Stüber-Nicolas, nous sommes surpris par la senteur délicate du bois tout d’abord, puis notre regard est attiré par les couleurs qui inondent l’espace.
Cet atelier est en effet « envahi » de crayons, rangés avec minutie sur des étagères, dans des tiroirs, savamment classifiés, répertoriés dans des boites. Mais ce ne sont pas n’importe quels crayons !
Ce sont des crayons hauts de gamme, en bois, avec des mines composées de pigments de qualité, que l’artiste considère avec préciosité … et qu’elle manipule avec une dextérité chirurgicale. Bien sûr le crayon lui sert à s’exprimer, mais d’une façon évidemment différente de ce que nous pourrions imaginer, car elle le détourne de sa fonction initiale.
La mine est séparée de son bois par le taille-crayon puis l’artiste explore les potentialités de ces deux matériaux que rien ne prédestinait à la fragilité, à la légèreté, à l’abstraction. C’est dans la lente déconstruction du crayon que la création se fait. La notion du temps est en effet essentielle pour Helga Stüber- Nicolas, la minutie de son travail « slow art » étant à contrecourant du temps social, du zapping.

« Sans titre » de Helga Stüber-Nicolas – Brisures de mines de crayons sur papier, 9 cm x 15 cm


L’exposition présente une large sélection d’œuvres réalisées sur des supports et avec des processus divers. L’artiste joue avec les codes de la peinture, d’une part par les nuances multiples de la couleur qu’elle extrait des mines de crayons et d’autre part par ses compositions « abstraites » et géométriques qu’elle crée en disposant sur sa toile les poussières de mines colorées. Par leurs effets de couleur, de matière ou de spatialité les réalisations sur toile ou sur papier de l’artiste élargissent le champ des références vers l’impressionnisme ou les « colors fields » de Rothko et d’autres. Helga Stüber-Nicolas se fait ici également sculptrice : elle expérimente d’autres possibilités du matériau et agit sur l’espace du lieu, avec le cercle et la sphère comme symbolique de l’infini, tout en jouant sur la dialectique fragilité/force et légèreté/gravité.
Ainsi, le crayon qui est usuellement destiné à s’effacer devient ici l’élément essentiel, constitutif de l’œuvre d’Helga Stüber-Nicolas, à travers sa matérialité et non plus sa fonction. Ce crayon n’est plus à percevoir comme un outil, mais comme l’œuvre elle-même…

RALENTIR TRAVAUX de Helga Stüber-Nicolas
Exposition du 19 mai au 17 juillet 2021

du mercredi au samedi – 10h > 13h et 14h > 18h30
Vernissage en présence de l’artiste le mercredi 19 mai 2021 de 15h à 20h
N5 GALERIE – 5 rue Sainte Anne, 34000 Montpellier – 09 81 05 39 75

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REVUE DE PRESSE

DÉCOUVRIR L’ARTICLE DE JEAN-LUC COUGY SUR L’EXPOSITION

QUAND LE JAZZ RENCONTRE L’ART CONTEMPORAIN – CONCERT

Concert de Jazz de Clovis Nicolas – En savoir plus

TRACES

Pascale Hugonet et Patrice Barthès, les deux artistes présentés à la N5 Galerie en ce début d’année 2021, entretiennent une méticuleuse évocation du temps passé, transformée en signes pour mettre à distance le réel. Le temps se fait trace, l’écrit acte graphique à part entière et communique ainsi la pensée de la main aux yeux. De l’influence d’un événement surgit alors une empreinte contemporaine qui change notre perception des choses.

L’origine du travail de Pascale Hugonet est aussi histoire de double question. D’abord, le temps. Non pas le temps qui se mesure, mais celui plus poétique, plus existentiel, celui qui se perçoit. Ensuite vient l’écriture. Celle qui pourrait être un « au-delà du langage » (R.Barthes), une volonté de signifier autrement, contre la norme du lisible. L’écriture illisible pour évoquer le non-dit, l’interdit, ce qui fait écart ou lien entre le dicible et l’indicible. L’artiste engage alors, à l’atelier et sur des supports en cire, un travail graphique (voire géographique) sur le signe, la trace, l’écriture spéculaire (en miroir), la répétition du geste comme engagement physique du temps en mouvement.

Patrice Barthès nous présente « Times Série ». Cette nouvelle proposition a pris forme en « relisant » un stock de bâches usagées qui lui permettent de protéger l’établi et/ou le sol de son atelier quand il utilise de l’encre, de l’acrylique ou de l’aérosol. Gardant comme base la bâche en l’état, l’artiste entreprend alors son travail en exploitant les matières et les couleurs qui ont servi à la mise en œuvre de ses autres projets. Il s’agit en quelque sorte d’une mise en abîme de ses processus de travail, un « palimpseste » réalisé avec des outils tels que des rouleaux de papier, des cadres, des clous, des cales, … qui seraient utilisés comme des pochoirs et apparaitraient comme autant de formes répétées. Chacune des œuvres est à appréhender en deux temps : elle possède deux vies, une « diurne » et une « nocturne » lorsqu’elle est rétro-éclairée. Une façon également pour l’artiste de réinterpréter, à sa manière, le clair-obscur…

« TRACES » une exposition de Pascale Hugonet et Patrice Barthès
Du 12 février au 27 mars 2021

Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30
Rencontre avec les artistes le samedi 13 février de 14h à 17h30

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Retour de Jean-Luc Cougy à lire sur « En revenant de l’expo ! »

DU PAYSAGE …

La N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier s’unissent à nouveau pour vous proposer une incursion dans des interprétations mentales du paysage, sujet cher à tant de créateurs d’hier et d’aujourd’hui. À la N5 Galerie, invitons-nous à parcourir les univers de Laure Boin, Alexandre Gilibert, Yves Helbert et Armelle de Sainte Marie.
EXPOSITION PROLONGÉE DU 13 AU 30 JANVIER 2021

L’Artiste contemporaine Laure Boin est connue pour ses « Bondieuseries » iconoclastes, ses « Animus » à la mine de plomb, que vous avez pu découvrir à la N5 Galerie en 2016 et 2019. Ici elle nous surprend avec son travail de peinture sur les paysages cévenols. L’artiste utilise pour cette série une technique très classique/impressionniste de peinture à l’huile. Au travers de ces « verdures », elle replonge dans les images fortes de son enfance ; explore le mystère et la beauté parfois sombre, attirante et ténébreuse des tunnels de feuillages, chemins initiatiques, passages vers une « terra incognita ». Ses paysages en grand ou petits formats sont souvent saisis juste avant l’orage ou juste avant la nuit, instants chassés où l’ombre et la lumière jouent avec les tonalités.

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

Le travail d’Alexandre Gilibert s’élabore autour des questions liées du paysage et du dessin, lieux communs de l’histoire de l’art. Les vues que l’artiste propose instaurent une scénographie de l’absence et des éléments naturels qui les composent (végétation, étendues, reliefs, cours d’eau, …). Ses dessins, par leur frontalité, s’avèrent davantage redevables aux méandres d’un Jackson Pollock qu’à l’espace serein et articulé d’un Nicolas Poussin. Leur dimension photoréaliste doit être aussi comprise comme trace d’un passage du registre de l’image photographique à celui sensuel du dessin pur, où seul varie la densité de la couche de pastel noir. Ce rapport à un paysage naturel par le biais d’intermédiaires plastiques et graphiques rend visible mais aussi lisible ce qui autrement resterait inaperçu ou simplement chaotique. Le dessin de paysage obtenu permet ainsi de « prendre connaissance du terrain » et d’en dégager les lignes de forces qui le structurent…

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

À la fois artiste et historiographe d’une histoire de l’art, Yves Helbert puise ses références dans des œuvres emblématiques qu’il revisite et réactualise. Il ajoute au dessin au graphite une seconde réalité, calligraphiée et troublante que chacun pourra ajuster selon sa propre histoire : au trait sûr et minutieux, des « titres » sont juxtaposés, créant un trouble… Ces expressions « imagées » et courantes de la langue française paraissent associées de manière arbitraire (clin d’œil malicieux au surréalisme de Magritte), tout en restant dans les thèmes qui sous-tendent les interrogations de l’artiste : rapport à la nature, à la politique, à la nostalgie, à l’esthétique… Si l’histoire de l’Art nous a habitués pendant des siècles à distinguer art du paysage et art du portrait, Yves Helbert a décidé de mêler les deux en donnant la part belle à l’humain et à ces personnages imaginaires plus grands que nature.

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

À travers ses dessins et peintures, l’artiste Armelle de Sainte Marie nous transporte dans des paysages intérieurs, chimériques, parfois organiques. Elle développe un univers qui propose des espaces suspendus, tendus entre presque-figuration et abstraction, des géographies imaginaires ambiguës. On y trouve des motifs récurrents qui évoquent végétaux, minéraux, milieux aquatiques. L’artiste s’intéresse à la vitalité, a  l’entropie, à la transmutation. Ses compositions en mouvements ou flottantes, dans lesquelles les formes semblent engendrer elles-mêmes leurs propres fantasmagories. Ce qui est présenté au regard est suggestion, sans que les moyens picturaux utilisés ne tentent une imitation ou une représentation définitive. Un mouvement omniprésent, un monde qui bruisse…

Exposition "DU PAYSAGE ..." - N5 Galerie - Montpellier

“ DU PAYSAGE …” une exposition de Laure Boin, Alexandre Gilibert,
Yves Helbert et Armelle de Sainte Marie.
Exposition du 4 novembre au 31 décembre 2020
du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30 et sur RDV
Vernissage mardi 3 novembre 2020 à partir de 17h en présence des artistes.
(vernissage annulé pour cause d’interdiction liée à la crise du COVID 19)
EXPOSITION PROLONGÉE DU 13 AU 30 JANVIER 2021

Le lieu multiple montpellier propose pour sa part de découvrir les travaux de Virginie Blanchard, Océane Moussé et Jérôme Souillot, toujours dans le cadre de l’exposition « Du paysage … » visible sur les deux galeries partenaires.

Retour en images sur l’exposition « DU PAYSAGE … »

DRAWING DRAW #4

N5 Galerie et Le lieu multiple montpellier font leur rentrée à l’unisson avec une nouvelle édition du rendez-vous désormais bien identifié, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. À la N5 Galerie, découvrons le travail de Marie Havel et d’Amélie Joos…

L’œuvre de Marie Havel trouve son origine dans la notion de ruine, son appréhension à travers l’enfance, ses matériaux, ses expérimentations… Ayant grandi au milieu de paysages anciennement tourmentés par les affres de la Grande Guerre, l’artiste reconstitue aujourd’hui les vestiges futurs d’une civilisation vouée au déclin. Son travail consiste en une tension entre construit et déconstruit, entre découverte et recouvrement et donc, entre jeu et ruine. L’artiste s’intéresse également aux motivations de l’action vaine, à l’apprentissage de l’échec, que l’on retrouve dans le rituel du jeu. Elle conçoit les possibles changements d’identité d’un même lieu ou paysage avec la volonté de pointer l’histoire individuelle dans une histoire plus collective, de révéler le travestissement des lieux par le souvenir, de percevoir des lieux comme des « paysages usagés ». Entre modulations infinies dans un univers défini et des scénarios illimités, Marie Havel dédramatise la notion de temps qui passe et qui use avec espoir, poésie et légèreté. Elle s’empare de cette mémoire marquante pour la mettre à distance avec les outils et les idées de sa génération. Pour cette exposition, nous mettons en avant la palette singulière et pluridisciplinaire de l’artiste qui expérimente les possibles de la pratique du dessin en explorant avec beaucoup de dextérité l’ensemble des médiums.

Visuel ci-dessus : « Maisons clous (2) » de Marie Havel
Dessin au papier de verre sur tirage numérique noir et blanc, 50 x 70 cm, 2017


Amélie Joos nous invite pour sa part à pénétrer l’intimité de son atelier et à découvrir son travail avec une installation intitulée : “romanticism is not cancelled”. L’artiste installe sa table à dessin, ses outils, sa lampe, son canapé, … dans la seconde salle de la galerie. Elle nous permet, de ce fait, la découverte de son espace de créations. Les dessins d’Amélie Joos, souvent de petit format propice au récit intime, naissent généralement sous forme d’écriture automatique. D’un seul trait, souvent pulsionnel voire agressif, les images intérieures sont traduites sans croquis, d’une manière directe et immédiate sur la feuille. Dans ce processus de création, Amélie Joos tente de faire surgir des images de son inconscient. Le point de départ d’une œuvre est multiple. Un mot, une phrase, une image ou du vécu peuvent être pour l’artiste déclencheur d’un travail. Ses dessins révèlent des états d’âme, des sentiments, l’angoisse, le désir, les blessures ou encore la joie et la jouissance. Toutes ces émotions sont exprimées d’une manière énigmatique et peuvent provoquer auprès du spectateur des sentiments ambivalents. Le sens multiple et ambigu de son travail est d’une grande importance. Malgré cela, les personnages hybrides qu’elle dévoile sur le papier nous montrent leur âme, expriment leur vécu, avec chacun sa petite névrose et sa stratégie de survie face à l’absurde. Comme si l’artiste interrogeait nos propres angoisses, nos enfermements, nos rêves, pour nous donner à voir et à méditer…

Visuel ci-dessus : prise de vue de l’atelier d’Amélie Joos

« DRAWING DRAW #4 » de Marie Havel et Amélie Joos
Vernissage de l’exposition le mercredi 2 septembre à 18h
Exposition du 3 septembre au 24 octobre 2020
du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Le lieu multiple montpellier propose pour sa part de découvrir les travaux de Joëlle Bondil, Peter Lökös et Thilleli Rahmoun.

NO PROHIBIDA

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Depuis l’Antiquité les artistes ne cessent d’interpréter le désir amoureux, de saisir une pulsion charnelle : c’est l’instinct le plus universel dans l’histoire de l’homme à travers l’art. L’érotisme a inspiré quelques-unes des plus belles créations de l’histoire de l’art (des peintures de Botticelli, des sculptures de Michel-Ange, Rodin ou Louise Bourgeois pour ne citer qu’eux). Mais voilà, ce qui est considéré comme beau et sensuel par l’un, est jugé lascif et obscène par l’autre. De nombreux artistes, en leur temps, en ont d’ailleurs fait les frais (Courbet et L’origine du monde, Rembrantd et Le lit à la Française, ou plus proche de nous des artistes comme Nan Goldin, Mapplethorpe, …).

L‘érotisme et la sexualité dans l’histoire de l’art ne s’expriment pas de la même façon au fil des siècles. La création suit l’évolution de la société, se faisant plus explicite aux périodes libérées. … Et ce n’est pas sans poser problème ! Hier, aujourd’hui et inévitablement demain.

Faisant fi de la montée en puissance de la critique morale et de la censure actuelle, nous vous proposons une vision subtile, plurielle et décloisonnée du sexe, des fantasmes et du désir à travers le regard de 26 artistes, soit une sélection de plus d’une centaine d’œuvres sublimant les corps, les sexualités et l’érotisme.

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Ici, une peinture d’André Cervera évoque un libertinage réjouissant représenté par une généreuse variété d’instruments de plaisir , là, Julie Dalmon dessine des étreintes sur des omoplates de veau. Puis, une sculpture de Matthieu Faury nous donne à découvrir un homme enceinte (qui s’inspire de l’histoire vraie de Thomas Beatie, transgenre). En regardant de plus près cet autre œuvre signée Claudie Dadu, on distingue des scènes X dessinées au cheveu. Là, une fiole en verre remplie de l’urine de Charlotte Caragliu au titre évocateur de Golden shower trésor. Des dessins au graphite d’Yves Helbert (qui entreprend savamment le nu dans l’art du selfie) côtoient des textes débridés brodés sur des sacs à main de Benedict Vallas … : la multiplicité des représentations et des médias nous offre décidément de bien voluptueuses émotions !

Comme une invitation à une rencontre entre désir et imaginaire, cette exposition n’a pas seulement vocation à séduire le spectateur « averti », mais à le transporter …

CETTE EXPOSITION EST DESTINÉE À UN PUBLIC AVERTI !

« NO PROHIBIDA »
Du 13 mai au 18 juillet 2020
Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h 18h30

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Les artistes Juli About, Æ, François Benard, Laure Boin, Corine Borgnet, Charlotte Caragliu, Axelle Carruzzo, André Cervera, Stéphanie Chardon, Marie-Cécile Conilh de Beyssac, Claudie Dadu, Julie Dalmon, Karine Debouzie, Léo Dorfner, Matthieu Faury, Yves Helbert, Cécile Hug, Amélie Joos, Cendres Lavy, Stéphanie Lobry, Michèle Mascherpa, Florence Mirol, Gilles Olry, Julie Perin, Mme S., Bénédict Vallas.

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Retour complet et documenté sur l’exposition « NO PROHIBIDA » par Jean-Luc Cougy pour le site « en revenant de l’expo ». Pour lire l’article, cliquez sur l’image ci-dessous.

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Ne faut-il pas être un peu déséquilibré pour vouloir peindre une pomme ?

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Visuel du carton : Besser wird es nicht – Technique mixte sur toile 55×46 cm – 2019

Le monde pictural de Ralf Altrieth est d’une incontestable cohérence. On peut le vérifier en confrontant un grand nombre d’œuvres, de formats divers et datées de plusieurs années successives, comme cela est le cas pour cette exposition.

Ralf Altrieth peint des épisodes, extraits d’un monde imaginaire et fantaisiste, d’une foisonnante richesse. Ses toiles sont peuplées de codes narratifs et de contes fantastiques. Il y a beaucoup de poésie dans les œuvres de cet artiste. On sent dans cette peinture pleine de vie et de mouvement (et pas seulement dans les grands formats), un émerveillement d’être, une ouverture à toutes les potentialités de la vie, une interrogation constante devant les mystères de l’humain.

L’artiste ne dénonce pas, ne juge pas le monde contemporain. Il se contente de le décrire avec son langage propre, sa générosité et sa liberté. Il fait référence au monde de l’enfance, de l’humour, même si dans la forme il y a quelque chose d’assez violent.

« Le mouvement, la violence sont des paramètres très importants pour la peinture. Ils permettent d’être précis, même si l’apparence suggère le contraire. » R.A.

Ici le trait est un moyen calligraphique rapide et spontané qui sert à réécrire des images, des contenus et des formes et à les relier entre eux. Il se conjugue à une harmonie colorée peu conventionnelle pour produire une écriture directe et franche, non hésitante. Ses peintures, semi-abstraites et pourtant bien figuratives, sont actuelles, insolites et vigoureusement vivantes. Il associe les motifs (même ceux qui ne vont pas ensemble) et use d’une palette de couleurs qui vient irradier ses toiles et produire un tout irréel.

« J’essaye de pousser la peinture plus loin. La peinture, c’est quelque chose de plus grand que moi. La radicalité permet d’aller plus loin, de se détacher, de voir plus. » R.A.

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Contemporary was yesterday – Technique mixte sur toile 42x102cm – 2019

Biographie de l’artiste :
Ralf Altrieth est né en 1966 Heilbronn, en Allemagne et a suivi des cours particuliers auprès du peintre Georg Schaible à l’âge de 14 ans, à Baiersbronn puis a fréquenté l’Académie des beaux-arts de Nürtingen (1987-1989).
Il a exposé chez le remarquable galeriste Hartmut Beck, a également réalisé des décors, composé des musiques scéniques et mis en scène des pièces de théâtre et est co-fondateur de la maison de disques Meta records.
En s’exprimant depuis trente ans travers la peinture, le dessin, la linogravure, les installations, la sculpture, mais aussi en tant que saxophoniste et compositeur de jazz contemporain, Ralf Altrieth depuis toujours revendique une totale liberté artistique.
Il a travaillé et vécu à Berlin, Fribourg-en-Brisgau, Erlangen, Paris, Venise, de 2006 à 2013 en Normandie et depuis 2014 il s’est installé dans le sud de la France. Nombre de ses œuvres se trouvent aujourd’hui dans des collections privées en France, en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, en Australie et aux Pays Bas….

« Ne faut-il pas être un peu déséquilibré pour vouloir peindre une pomme ? »
Une exposition de Ralf Altrieth du 16 janvier au 29 février 2020
Du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Vernissage le jeudi 16 janvier 2020 à partir de 18h

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Visite de l’atelier de Ralf Altrieth

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Retour en images sur le vernissage

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