Verrier de formation, Marion a commencé ses recherches autour des techniques de taille archéologique de la préhistoire en 2009 au Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers. Cette étude personnelle lui a permis de réaliser une première série d’objets utilitaires (coupes papier) mélangeant taille archéologique et taille moderne. Cette approche fut novatrice car les techniques de percussion et de pression habituellement utilisées en archéologie expérimentale sur les roches dures (silex, jaspe, obsidienne…) ne sont pas explorées dans le milieu du verre. Entre technicité et volonté artistique, Marion a développé sa démarche sur le concept de leur réutilisation contemporaine, partant d’un constat : Si les hommes préhistoriques taillaient la pierre pour leurs besoins fondamentaux, nous la taillons toujours, pour des besoins nouveaux, ceux du luxe.
Au fil de son parcours, ses expériences professionnelles en passementerie, joaillerie, ou bijoux de mode nourrissent sa démarche. La faille, l’éclat, deviennent alors le fil conducteur de ses travaux.
Après une production en sculpture sur verre, la créatrice décide d’axer sa recherche autour de la problématique de la préciosité, et commence à s‘intéresser au bijou et à l’idée de pierre taillée. Si la préhistoire apparaît souvent comme une période archaïque, il lui semble que ces techniques cachent une préciosité humaine qui mérite qu’on lui rende hommage : celle de la naissance de l’intelligence de l’Homme.
Enrichie d’une formation en bijouterie joaillerie à l’école Boulle de Paris, Marion poursuit ses recherches en miniaturisant le geste de taille de manière à réaliser des simulacres de diamants avec des matériaux pauvres comme le miroir. Inexplorées en bijouterie fantaisie comme en joaillerie, elle est convaincue du potentiel esthétique de ces techniques. Autant d’éléments en miroir qu’elle utilise aussi dans la sculpture et qu’elle baptise « marionites », ironisant sur le luxe des pierres précieuses.
Ayant collaboré depuis 2012 avec un archéologue français pour son travail de sculpture, c’est tout l’univers archéologique qui continue de l’inspirer, et c’est de cette immersion que sont nés ses bijoux actuels. Questions sur l’anthropologie, l’évolution de l’homme, la considération de nos origines, et de notre patrimoine, ses bijoux sont un témoignage de respect envers ce que l’Homme a pu faire de beau.
Entre bijou contemporain et potentiel mode, les parures créées oscillent entre brut et chic, et questionnent nos besoins actuels.
